‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 265 sur 336 · III. XV · texte numérisé non relu

III. XV

« Cherche la véritable paix, non en terre, mais au ciel; non dans les hommes, ni dans les autres créatures, mais en Dieu seul. » III. xxxv, 9.

LIVftE NEUVIÈME. rQ7

« Seigneur, vous êtes la vraie paix du cœur, le seul repos. Hors de vous, tout est dureté et inquiétude. » III xv, r9.

De même que la joie, la paix vient de la liberté d'âme mats, celle-ci, confirmée et achevée.

« Autant on est en soi humble et soumis à Dieu, autant on a de sagesse et de paix. » I. iv, 8.

« Si je ne me dispose de telle sorte, que je consente à être volontiers méprisé et délaissé par toute créature, aussi bien qu à être en tout compté pour rien, je ne puis avoir intérieurement la paix et la stabilité. » III. xli, 8.

« Bienheureux les simples, parce qu'ils auront grande paix ! » I. xi, 3.

« Si tu te donnes à la ferveur, tu trouveras grande paix » I. xxv, 46. r

« Abandonne-toi, résigne-toi, et tu jouiras d'une grande paix intérieure. » III. xxxvn, 13.

La paix véritable appartient à l'homme de la liberté de 1 âme.

En quoi l'I. C. fait-elle consister la paix du fidèle sur cette

terre ?

Est-ce le repos dans le bonheur ? le calme dans la joie ? la sécurité dans la consolation ? Est-ce, pour tout résumer en deux mots, l'impassibilité et l'impeccabilité ? S'il en était ainsi, la paix sur cette terre ne serait pas autre chose qu'une anticipation du bonheur céleste. L'I. C. ne veut pas nous conduire à une si grande illusion.

« L'homme sent bien qu'il ne peut y avoir ici-bas pleine sécurité ni paix parfaite. ., I. xn, 9. - « La sécurité des Maints a toujours été pleine de crainte de Dieu. » T. xx 16 - Tout ce passage est remarquable pour la doctrine' que nous enseignons. Il en est de même du texte : « Tant que

r0g LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

nous portons ce corps fragile, nous ne pouvons être sans péché. )) I. xxv, 27.

L'I. C. semble identifier la paix et la patience parfaite. C'est la pensée même de saint Grégoire dans son commentaire sur la parole du Sauveur : « Vous posséderez vos âmes par votre patience.» (Luc. xxi, 19.) La possession etle domaine de l'âme sont attribués à la vertu de patience, parce qu'elle est la racine et la gardienne de toutes les autres. Or, nous possédons nos âmes, et nous en acquérons la seigneurie par la patience : car lorsqu'elle nous apprend à nous commander et à nous retenir, elle fait que dès ce moment nous commençons à posséder ce que nous sommes, à le tenir en propre et à être à nous. «Idcirco possessio animas in virtute patientias ponitur, quia radix omnium custosque virtutum patientia est : per patientiam vero possidemus animas nostras, quia dum nobis ipsis dominari discimus, hoc ipsum incipimus possidere quod sumus. » (Hom. xxxv, in Evang.) « Toute notre paix, en cette vie misérable, consiste plutôt à supporter humblement, qu'à ne point sentir de contrariétés. Qui sait mieux souffrir aura plus grande paix : celui-là est vainqueur de lui-même, et maître du monde, ami du Christ, et héritier du ciel. » II. m, 18-20.

« Ne jamais sentir aucun trouble, ne souffrir nul ennui de cœur ou de corps, cela n'est pas un état du temps présent; c'est l'état de l'éternel repos. N'estime donc pas avoir trouvé la véritable paix, lorsque tu ne ressens aucune peine ; ne crois pas que tout soit bien, alors que tu ne subis la contradiction de personne, ni que cela soit parfait, quand tout réussit à ton gré. Ne va pas non plus te réputer quelque chose de grand, ou t'imaginer être l'objet d'une dilection spéciale, lorsque tu seras en grande dévotion et suavité : parce que ce n'est point à cela que se reconnaît le véritable

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