LIVRE NEUVIEME
se délaisser complètement soi-même, et se tenir dans une haute élévation dame, et voir que le Créateur de toutes choses n a rien de semblable aux créatures. Mais, si Ion n es: pas dégagé de toutes les créatures, on ne pourra être bre de tendre aux choses divines, lu voilà pourquoi on trouve peu de contemplatifs, parce que peu savent se séparer entièrement des créatures périssables. » III xxxi i De ces passages, il résulte que 17. C. ne croit pas que on pmsse ,ama.s s'élever à la contemplation, si Ton n'est déjà parvenu a la complète mortification, ce qui est la doctrine commune des auteurs mystiques les plus auto- Mais qu'est-ce que la contemplation > La contemplation, avons-nous dit plus haut (p. 2ro) est trente de la méditation : c'est une vue immédiate n est pas un acte de la raison discursive : c'est une perception directe de la vérité divine. . Contemplatio, dh saint fi ' omas^./cxxxx/t et 3),est divin* veritatis simple* inmtus. >. C est une vue simple, et, parla, on comprend qu'on ne saura.t co no ndre la contemplation avec la réflexion et la mednanon de la vérité divine, et on ne la confond pas avec J évidence. t
'< H y a, dit Albert le Grand (lib. De adha,re„do Deo cap ..x), cette différence entre la contemplation des philo- P es gentils et celle des chrétiens, que ceux-là ne contemplaient que pour perfect.onner leur entendement et acquérir quelque légère connaissance, mais que les saints contem pin Pommer Dieu. C est pour cela que leur connaTsanee ne s arrête pas dans l'esprit, mais qu'elle passe au cœur par la charité. Ainsi les saints cherchent prL paiement lamour de Dieu par leur contemplation, ,'cene di tmct.on, que les mystiques ont généralement adoptée s'ap-
rn . LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.
plique à la spéculation beaucoup plus qu'à la contemplation, et définit assez exactement la différence de la philosophie et de la théologie, ou plutôt de la science et de la foi. Les mystiques ne se contentent pas de la contemplation philosophique.
« Contemplatio philosophica, dit saint Bernard, est verus certusque intuitus animi de quacumque re, sive, apprehensio veri non dubia. » (De consideratione, cap. n.) Saint Bernard définit ici, à proprement parler, l'évidence rationnelle.
La définition de la contemplation mystique est exactement donnée par Alvarez de Paz : « Contemplatio est sincera Dei et rerum divinarum inspectio, discursibus carens, Dei autem ardentissimum amorem et ineffabilem mentis exultationenî inducens. » (Tom. III, lib. I, De orat. ment., part. III, cap. xxvn.)
Achevons de donner les indications relatives au sujet, en signalant les diverses manières de communiquer avec Dieu dans l'état religieux du christianisme.
Le chrétien peut communiquer avec Dieu de plusieurs manières : i° par la révélation non accompagnée de foi, comme cela arrive pour les savants qui étudient les choses divines dans les livres de la religion chrétienne ; 2° par la révélation accompagnée de la foi, mais séparée de la grâce et de la charité : c'est le cas des théologiens qui vivent dans le péché mortel ; 30 par la révélation unie à la foi, à la grâce et à la charité, ainsi que cela a lieu pour les âmes qui recherchent la science de Dieu dans la pureté du cœur ; 40 par la révélation éclairée par des communications divines toutes particulières ; 50 par la révélation échauffée par l'amour. Cette dernière manière constitue, à proprement dire, la connaissance mystique.