‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 279 sur 336 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

es bon et r,en ne parait difficile. Mais quand Jésus n'est pas la, tout est dur. Quand Jésus ne parle pas au dedans la consolation est vile. Mais si Jésus dit seulement une parole, on sent que la consolation est grande. » II vin r

Le chap.tre xxxrv'du livre III : « Que Dieu est savoureux sur tout et en tout à celui qui aime, » est, en entier, consacré a développer cette pensée, que la présence de Dieu communique à l'âme embrasée de charité une joie et une satisfaction incomparables.

Il nous semble que l'on peut reconnaître, au chapitre xxr du livre ID un acte complet de consolation mystique. L âme fidèle évoque la venue du consolateur :

« O mon Epoux bien-aimé, Jésus-Christ, ami très pur vous qul dominez toute créature, qui me donnera les ailes de la vraie liberté pour voler et me poser en vous > Oh < quand me sera-t-il pleinement donné de vaquer à' moimême, et de voir combien vous êtes suave, Seigneur mon Dieu Quand pourrai-je pleinement me recueillir en vous en telle sorte que je ne me sente plus à cause de votre amour, mais que je sente vous, vous seul, au-dessus de tout sentiment et mode, dans un mode qui n'est pas connu de tous ? Mais à présent, je gémis fréquemment et je porte mon infehcté avec douleur; parce qu'il se présente tant de maux dans cette vallée de misères, qui si souvent me troublent, me consistent, et m'enténèbrent, qui si souvent m empêchent et me distraient, m'attirent et m'impliquent, ne me permettant pas d'avoir libre accès auprès £ vous, et de jouir de vos agréables embrassements, toujours prêts pour vos esprits bienheureux. Que la multiplicité de mes soupirs et de ma désolation sur la terre vous émeuve! O Jésus, splendeur de l'éternelle gloire, consolation de 1 âme en pèlerinage sur la terre étrangère de-

r^g LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

vant vous ma bouche est sans voix, et c'est mon silence qui vous parle! Jusques à quand mon Seigneur tardera-t-il de venir ? Qu'il vienne à moi, son pauvre petit serviteur, et qu'il me rende joyeux ! Qu'il étende sa main, et qu'il arrache un misérable à son angoisse ! Venez, venez, car, sans vous, nul jour, nulle heure ne sera tranquille ; car vous êtes ma joie et, sans vous, ma table est vide ! Je suis misérable et comme emprisonné et chargé de fers, jusqu'à ce que vous me rétablissiez par la lumière de votre présence, que vous me donniez à la liberté, et que vous me montriez un visage amical. Que les autres cherchent au lieu de vous tout ce qu'il leur plaira ; pour moi, cependant, rien ne me plaît, ni me plaira, que vous, mon Dieu, mon espérance, mon salut éternel ! Je ne me tairai pas et je ne cesserai pas de supplier, jusqu'à ce que votre grâce revienne, et que vous me disiez intérieurement : Me voici! » Jésus-Christ répond à Tappel de l'âme fidèle : « Eh bien ! me voici auprès de toi, puisque tu m'as invoqué. Tes larmes et le désir de ton âme, ton humiliation et la contrition de ton cœur, m'ont penché et conduit vers toi. »

Alors commence la jouissance du cœur plein d'amour, qui se trouve en présence de l'objet de son affectueuse adoration : « Seigneur, je vous ai appelé et j'ai désiré jouir de vous, prêt à tout repousser à cause de vous. C'est bien vous qui le premier m'avez excité à vous chercher. Soyez donc béni, Seigneur, d'avoir fait cette faveur à votre serviteur, selon l'étendue de votre miséricorde. Qu'a, Seigneur, à faire autre chose votre serviteur en votre présence, sinon de s'humilier beaucoup devant vous, se souvenant toujours de sa propre bassesse et iniquité? Car rien n'est semblable à vous dans toutes les merveilles du ciel et de la terre. Vos œuvres sont fort bonnes, Seigneur, vos jugements sont

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