LIVRE NEUVIÈME
vais, et votre prudence régit toutes choses. Louange donc
et gloire a vous, ô Sagesse du Père ! Que ma bouche vous
oue et bénisse, en même temps que mon âme et toutes
les choses créées ! »
L'amour en possession de son objet divin s'épanche ainsi en élans enflammés, qui se résument dans ces deux termes de toute affection heureuse : reconnaissance et admiration On a appelé 17. C. le livre de la consolation : Liber consolatonus. R,en n'est plus justifié. Presque tout aboutit dans les enseignements de notre auteur, à la recherche et a la jouissance de l'union divine. Le défaut qu'on pourrait
sVri nHl ' " Trait' ?ré?.sément> «,ui ^ la gourmandise spmtuelle gula spmtuahs, qui consiste à trop poursuivre les suavités religieuses., Nous disons : on pourrait, car si le sujet de la consolation est traité fréquemment dans l'I C H ne lest m exclusivement, ni sans correctif.
La dévotion et la grâce de la dévotion. - On rencontre souvent dans notre livre les termes de dévotion, dévot, grâce de la dévotion. Expliquons la signification de ce termes.
Saint Thomas (2.2./LXXX,!/!) enseigne que la dévotion nest rien autre chose que la vertu de religion agissante et se portant avec promptitude et affection à toutes les choses qui se rapportent au culte de Dieu. En telle sorte que, par h .dévotion, non seulement nous rendons à Dieu ce qui lui est du, et que la vertu de religion nous oblige à lui rendre mais encore nous le connaissons, le servons, et l'aimons' avec empressement et de bon cœur.
On voit, par ce qui précède, que la dévotion est exclusive de la tiédeur et de la paresse dans le culte de Dieu
Notre auteur ne s'en tient pas à ces indications générales
r,0 LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.
La dévotion et la grâce de la dévotion sont nettement définies dans l'I. C. qui nous occupe. La dévotion, c'est le regret des fautes commises et le désir d'avancer dans la vertu. La grâce de la dévotion, c'est la visite de Dieu et la consolation \
Ces notions se rapportent à ce que les auteurs spirituels appellent la dévotion substantielle et la dévotion accidentelle, ou encore, la dévotion rationnelle et la dévotion sensible.
La dévotion substantielle ou rationnelle, ou, simplement, la dévotion, comme dit 11. C, c'est la disposition de lame en tant qu'elle est portée à agir avec zèle pour le service de Dieu. Notre auteur, avec son génie .pratique et simpliste, résume cet état d'âme en deux actes, la componction et l'avancement spirituel. Le défaut opposé à la dévotion substantielle ou rationnelle, est l'indévotion.
La dévotion accidentelle et sensible, la grâce de la dévotion, comme dit notre auteur, c'est l'adjonction à la dévotion substantielle d'une suavité ou tendresse de dévotion, c'està-dire, de la consolation. A la grâce de la dévotion est opposée l'aridité2.
Consolation sensible et spirituelle. Consolation humaine et divine. Consolation divine des commençants et des parfaits. — Il faut distinguer deux sortes de consolations, les sensibles et les spirituelles.
« Il ne nous est pas possible de citer les textes et d'entrer dans une exposition détaillée. Il faudrait reproduire ici la plus grande partie de l'I. C Notre pieux livre représente l'état de 1 aine tervente, vivant en communication constante avec Dieu, et favorisée de la grâce de la dévotion.
2 Jacques Alvarez traite avec étendue et pénétration le sujet de la dévotion. (Tom. III, lib. II, part. III, cap. i, -n, m, iv.)