‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 283 sur 336 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

à Dieu. Si tu as cette dévotion, rien ne manquera à ta récompense alors même que tu n'aurais pas la dévotion sensible. » (Paradis, animas, cap. xxvi.)

Le serviteur fidèle et l'ami familier de Jésus se résigne volontiers a 1 épreuve, qui est la condition de la vie humaine Mais il n a pas, pour cela, à repousser les biens spirituels tels que la paix de l'âme, la dévotion sensible, la joie dans le service de Dieu, la contemplation. Voici quels sont, à l'égard de ces biens spirituels, les principes de conduite enseignés parles maîtres de la vie spirituelle, et partout inculqués dans

i" II faut renoncer à toute satisfaction naturelle et privée dans usage des biens spirituels, ne pas les rechercher à raison des douceurs qu ,1s procurent, ne pas leur être attaché de telle sorte qu on soit inquiet lorsqu'ils font défaut, mais s en remettre en pleine résignation au bon plaisir divin, qui les accorde ou les refuse ainsi qu'il lui plaît.

2" Il n'en est pas moins vrai que l'âme fervente ne doit as rechercher la désolation. La tentation, la répugnance au bien les sécheresses et les aridités ne lui semblent pas choses désirables, ainsi que le voudraient quelques faux mystiques. n y

3° Ceux qui aspirent à la perfection peuvent, bien mieux doivent rechercher lereposde l'âme, l'allégresse spirituelle' a ferveur, la promptitude à bien faire, la facilité à l'union divine^: ce sont de puissants secours pour l'avancement

4° Quand on est affermi dans le service de Dieu on sait, quand i en est besoin, non seulement renoncer, mai encore bannir de âme la dévotion sensible, si el e superflue, ou nuisible à la piété elle-même.

5" II n'y a pas lieu à se refuser aux dons extraordinaires

c ,£ LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

quand Dieu les envoie et que nulle raison ne s'oppose à ce qu'on les reçoive. « Il ne pourra jamais me déplaire, disait sainte Thérèse, d'avoir eu des visions célestes. Je ne changerais pas une seule de ces faveurs contre tous les biens et toutes les suavités du monde. Je les ai toujours tenues pour grâces singulières et dons très précieux. » (Vie,

chap. xiv.)

Nous n'avons pu qu'indiquer les grandes lignes du sujet de la consolation. Ces notions suffiront cependant à guider le lecteur dans l'étude de 11. C, qui contient des données expérimentales, aussi exactes qu'abondantes, sur cette grave question.

l'illumination.

Quand on étudie l'action exercée par le christianisme sur l'homme, il est impossible de méconnaître, que le souvenir du Crucifié et l'influence eucharistique remuent les fibres les plus tendres des cœurs fervents, et produisent la consolation mystique.

Quels effets produit l'amour divin sur l'intelligence du chrétien ? Un effet d'illumination.

Cet amour rend le dogme plus compréhensible, suivant la parole de l'Apôtre, qui souhaite « qu'étant enracinés et affermis dans la charité, nous puissions comprendre, avec tous les saints, quelle est la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de l'édifice de Dieu ; et que nous connaissions aussi l'amour de Jésus-Christ, qui surpasse toute con-

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!zr r rfin-que nous en soy°ns remPHs sei°« *>** u

plénitude de Dieu. » (Ephes. m, 18 19 )

Corde creditur ! On croit par le cœur, parole profonde et facilement justifiable. '

Il n'est pas possible, en effet, que l'acte de foi échappe à influence du cœur. Si la foi est déterminée par une adhés.on de 1 esprit, e cœur intervient, de son côté, pour faire nueux comprendre le sens et la portée des dogmes

1vonTcrueàr!éCritCeSSi^PleSFr0leS: " P°ur nous- "««s avons cru a 1 amour que D.eu a pour nous : Nos credidimus

chantât, quam habet Deus in nobis. , (Joam, iv l8 ) e,

chrérienl La^eT '' ^ *"* *"* "^ de ■**»

chrétiens. La Rédemption et toutes ses attaches s'expliquent

u cœur par le cœur. Le christianisme, fait d'amour do etie compris par l'amour.

la %Z NnTLT6 ^ M "0mbre des détracteurs de

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de ^scepticisme se soient multipliés et exercent une si grande

nfluence sur es esprits. Nous croyons que la raison es

dans homme la faculté maîtresse, à laquelle toutes les au-

res oivcnt être subordonnées. Mais plus nous faisons la

d'elle8!' nfl a T0"' PlUS "0US V°U,0ns ™lnte»ir à <*« u elle 1 influence des autres puissances de l'âme

Car . faut bien reconnaître que la raison ne joue pas un mie exclusif dans un grand nombre de disciplines humaTnes

Dans les sciences d'expérimentation, les sens ont une action prépondérante : c'est, secondairement, et dans un ordre logiquement postérieur, que la raison vient ,Wr comparer, généraliser, abstraire et déduire '

N'en est-il pas de même dans la morale? Beaucoup J actes humains ne proviennent-ils pas d'un sens intime et déheat, antérieur et supérieur à la raison? La raison en

r ,g LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

effet, peut-elle se rendre compte, à elle seule, de certaines déterminations de l'âme? Mettez en présence saint Vincent de Paul et Talleyrand : ces deux hommes resteraient un siècle entier en présence, qu'ils n'arriveraient jamais à se comprendre. Talleyrand, dont la vie fut toujours guidée par le froid calcul, et qui a inventé la maxime célèbre : « Défiez-vous du premier mouvement parce que c'est le bon, » Talleyrand ne ferait que sourire des élans passionnés de saint Vincent de Paul ; et celui-ci, en proie à la passion du dévouement, ne s'expliquerait pas comment une âme peut s'absorber dans un égoïsme constant et raffiné. Je n'ai pas besoin de dire que la raison, qui ne doit pas être absente du domaine des beaux-arts, n'y joue pas un rôle prépondérant. Ce n'est pas la raison qui fait atteindre aux qualités de la grâce et de la beauté, dont la racine se perd dans un sol inconnu. Ces fleurs charmantes apparaissent capricieusement, et ce n'est pas la culture rationnelle qui les fait éclore et fleurir. La pure raison en arrive même à se demander avec cTAlembert : « Qu'est-ce que tout cela

prouve ? »

Nous pourrions poursuivre cette énumération et montrer que, dans la plupart des objets de la connaissance humaine, la raison n'a pas une influence exclusive.

L'observation s'applique à la foi. Celui-là ne connaît pas bien la religion qui ne veut l'étudier qu'avec sa raison. En vain, aurait-il scruté la profondeur des Livres saints et pénétré les arcanes de la théologie ; s'il ne regarde pas la religion avec ces yeux du cœur, qui savent si bien pénétrer les vérités d'un certain ordre, il n'atteindra pas les raisons premières du christianisme.

Prenons quelques exemples.

La vérité fondamentale de la religion, c'est l'existence de

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