‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 289 sur 336 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

cupc y est examiné, selon la forme scolastique, avec une "gueur de rayonnement et une abondance de preuves qu nous ont vivement frappé. '

L'âme par sa seule puissance affective, peut-elle au moyen de l'aspiration ou du désir s'élever jusqu'à Die sans être atdée du concours préalable ou concomitant de h faculté intellectuelle ?

Il semble, dit l'auteur, que le concours de l'intelligence est toujours nécessaire; et il en donne neuf pren es t" de autorité et de la raison. Suivant l'usage de son époo .1 n a garde de négliger les considérations J£Ë2%

n^ for 7Umer tati°" rati0nndIe *°* " £™ dans cette formule : « La puissance intellectuelle précède

nature lement la puissance volit.ve, de qui relève Z ur Par conséquent, tout acte d'amour présuppose un acte de onnatssance » Ce principe, affirmé d'une manière Léale ans la sixième preuve, est développé dans la neXe sai si ne I f °nS métaPh^1ues : « Tout ce qui est

l'unité l qUC Par,rauPP°rt h Vd^ P^Priété de l'être : lumté la vente ou la bonté. Or, de quelque manière que D.eu soit sa*,, il ne peut l'être que sous le rapport de so veram e unité, de souveraine vérité, de souveîaine bon 3.

bonté' do> " S Un,SSant à DieU M Um <Ue souv— bonté.' , C°mmenccr P« Percevoir l'idée même de

Comment l'écrivain mystique se délivre-t-il de cette argumentation à laquelle plusieurs s'arrêtent ' ?

part"" ^X<^rti^^S> f3it "f **"« la de la volonté ou du cœu su van't '" " 8°"" CSt la nourrice disciples de la scol^rinl' ? • ït.n, > conf^on accoutumée des

Après avoir appuyé son affirmation de l'autorité souveraine, au moyen âge, de saint Denys l'Aréopagite et de ses principaux commentateurs, il pose franchement la question, en distinguant deux manières d'appréhender intellectuellement les objets : la raison et l'amour. La raison est préfigurée par Rachel; l'amour, par Marie. L'une est l'image de la méditation; l'autre, delà contemplation. Or, comme 1j nouveau Testament l'emporte sur l'ancien, la manière d'appréhender les objets, par la puissance affective, est supérieure à l'action de la puissance intellectuelle.

Ce n'est là que l'indication et l'affirmation de la thèse. Aussi, l'écrivain mystique na-t-il garde de s'en contenter. Il entre en des explications abondantes. Il réfute les uns après les autres les arguments de la partie adverse. Sa con-

acceptées, elle les offre à la volonté qui les savoure et par ce moyen s'embrase du feu de l'amour divin. Les droits de 1 une et de l'autre faculté sont ainsi sauvegardés, et les opérations de l'àme réparties entre elles. Elles sont, en l'homme, comme les nlateaux d'une balance, dont l'un monte quand 1 autre descend; si la spéculation s'élève, l'affection s'abaisse d'autant. L entendement ne se doit donc pas consacrer tout à fait a spéculer et a connaître les choses divines, mais laisser du temps a la- volonté pour les savourer et en jouir, et afin que le sentiment pénètre là où l'intelligence ne peut arriver. (Cf. Rousselot. Les Mystiques espagnols, i86Q,in-8%p. 118.) D'autre part Mgr Freppel (S lrenée vu" leçon) pense que l'ascension vers Dieu, par la voie contemplative, ne doit pas exclure, comme inutile ou insuffisant, le procédé ordinaire par lequel l'intelligence s eleve a Dieu. « Une telle exclusion, dit l'éminent prélat, aboutirait au scepticisme en substituant le sentiment à la logique et 1 imagination à la science. » D'accord, quand il s'agit des voies ordinaires Mais le mvstique qui s'est élevé à l'état d amour transcendant n'oublie-t-'il pas les procédés communs? L auteur de 11. C, comme les autres grands mystiques, affirme qu arrive a un certain degré, l'amour enseigne par lui-même : «Quidam amando me intime didicit divina, et lequebatur mirab, ha. Pus profec.t in relinquendo omnia, quam in studendo subtilia. » III xi,iv,4. 1 1 reste donc à examiner comment une certaine intensité d amour produit l'oubli de l'intelligence.

Page 1