‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 306 sur 336 · LIVRE DIXIEME. c n r · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME. c n r

que Tauteur.de 11. C. n'a pas adopté. Les transcendants se préoccupent principalement de la spéculation. Ils semblent se fixer pour but principal de sonder les choses divines, de décrire les états intimes où l'union de la nature divine et de la nature humaine élève les parfaits, de se demander si l'union de l'âme avec Dieu est nécessairement fondée sur la nature même de la divinité et de l'humanité. Assurément cette tendance théorique n'est pas exclusive de la perfection pratique. Mais l'idéalisme domine dans cette spiritualité, comme dans toutes les doctrines qui sont en affinité avec le platonisme. Il est exact de reconnaître que l'écueil où se brise le plus souvent ce système ontologique, c'est le panthéisme. Saint Jean Damascène, Scot Erigène, les frères du libre esprit, les Béguards, Eckhardt, Tauler, Rusbrock, sont les représentants, plus ou moins célèbres, plus ou moins autorisés, de cette spiritualité réaliste.

L/I. C. n'a donc rien de commun avec un tel système, que la rencontre sur quelques points de détail.

D'un autre côté, les nominalistes, en particulier saint Thomas d'Aquin, ont essayé, non seulement de former, à l'aide des doctrines d'Aristote, un système philosophique de la religion, mais encore d'établir une alliance systématique de la scolastique et de la spiritualité, des procédés logiques et affectifs.

L'I. C. présente les caractères d'une théologie qui n'est ni réaliste, ni nominaliste, ni transcendante, ni dialectique. Elle est essentiellement positive. Or, cette théologie, à partir du treizième siècle, appartient en propre à l'école bénédictine.

« Nul ne peut lire, dit le P. Faber, les écrivains spirituels de l'ancienne école de saint Benoit, sans remarquer avec admiration la liberté d'esprit dont leur âme était pénétrée.

Sainte Gertrude en est un bel exemple ; elle respire partout l'esprit de saint Benoît. L'esprit de la religion catholique est un esprit facile, un esprit de liberté ; et c'était là surtout l'apanage des Bénédictins de la vieille école. Les écrivains modernes ont cherché à tout circonscrire, et cette déplorable méthode a causé plus de mal que de bien. » (Tout pour Jésus, chap. vin.) — Dom Guéranger ajoutait : « L'école dont parle ici le P. Faber, et qui a pour base la règle du patriarche des moines d'Occident, commence à saint Grégoire le Grand et s'arrête à Louis de Blois, qui la clôt dignement. » Entre saint Grégoire et Louis de Blois est-il possible de ne pas signaler le nom de saint Bernard, le plus illustre et le plus éloquent des spirituels de l'école bénédictine ?

Il n'est pas un seul historien qui, en parlant du douzième siècle, ne se soit attaché à faire ressortir le caractère novateur de cette grande époque. L'esprit humain est à une de ces heures fécondes où il éprouve le besoin de progresser à grands pas. L'architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la poésie, tous les arts, se transforment profondément. Le mouvement se communique au corps social, et l'établissement des communes marque le commencement d'une ère nouvelle dans la politique du monde moderne. En théologie, c'est-à-dire dans la science, car alors l'esprit humain se renfermait exclusivement dans la religion, une effervescence analogue se produit. On n'est plus satisfait de l'enseignement autoritaire et traditionnel. On veut autre chose que cette méthode prudente, respectueuse, sans curiosité, qui, depuis plusieurs siècles, se contente d'exposer le dogme en l'appuyant des citations de la Bible et des Pères de l'Eglise. L'esprit humain veut exercer ses facultés, et il les applique à la théologie, en attendant qu'il les tourne

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