‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 326 sur 336 · LES ELOGES · texte numérisé non relu

LES ELOGES

Après de si grands services rendus aux spirituels, comment s'étonner que les maîtres de la vie intérieure aient comblé FI. C. de leurs éloges ' ?

Saint François de Sales parlait ainsi de PI. C. et du Combat spirituel : « Ces deux traités ont été composés par deux auteurs vraiment inspirés par l'esprit de Dieu, et quoiqu'ils présentent un titre différent, on peut dire de chacun d'eux : « Non est inventus similis illi. »

Toutes les fois que Jean Vendullius, évêque de Tournai, demandait PL C. pour la lire (ce qui lui arrivait tous les jours), il ne se servait que de cette expression : « Donnez-

1 Rosweyde, le premier, a mis en tête des quatre livres de l'I. C, un recueil des « Elogia magnorum virorum de hisce 1 i bris ».

Bollandus abrégea le travail de Rosweyde et le réduisit à une seule page, pleine de substance, qu'il intitula : « Libri hujus elogium. »

Merlo-Horstius a repris le texte de Rosweyde et l'a reproduit, avec des additions, en tète du « Viator christianus », sous le litre : « Elogia hisce Thomas de Kempis libris ab illustribus sanctitate et doctrina viris attributa. »

Les additions de Merlo-Horstius ont été empruntées au recueil suivant de Heser : « Septuaginta Palmae seu sacer Panegyricus in laudem librorum IV Thomse a K.empis, canonici Regularis ordinis S. Augustini, de Imitatione Christi : ex hominum piorum Elogiis i.xx, concinnatus a Georgio Hesero, Societ. Jesu, cum \àcultate superiorum. Ingolstadii, i65i, pet. in-8" de 68 pages. n>

Heser a recueilli les témoignages de cinquante-huit auteurs, la plupart Jésuites, en faveur de l'I. C. Il y a beaucoup de fatras dans celte compilation. Merlo-Horstius en a extrait le meilleur.

moi le livre. » Pour ce grand Évêque, PI. C. était le livre par excellence. (Lib. Elog.)

« Ce livre, dit Bollandus, a été de tout temps tellement cher et familier aux hommes les plus saints1, que saint Pie V, saint Charles Borromée, le cardinal Bellarmin, l'avaient pris pour le guide constant de leur vie, et pour le compagnon inséparable de tous leurs voyages. C'est dans ce livre que saint Philippe de Néri puisa cet esprit religieux qui Ta fait placer sur les autels. » (Libri Elog., dans les éditions elzéviriennes.)

Baronius affirmait qu'il est impossible de lire 17. C, sans en retirer quelque profit spirituel, pour peu que l'âme soit en des dispositions favorables 2.

1 Pius V Pontifex sanctissimus libellum de I. C. perpetuo secum circumferebat, quocumque iret...Quod Cicero dictitare solitus est: Terentius familiaris meus, hoc de auctore hujus libelli, viri sancti dicebant : iste est familiaris meus ; imo dux vitae meae, quem S. Carolus Borromseus vise vitaeque suae comitem semper adscivit. (Const. Cajetan. Epist. Dedicat. Edit. libr. de I. C.)

Nunquam tam cito, aut tam otiose Adamus Sasbout ex ord. Minorum ambulabat, quin unam alteramve periodum ex libellis' de I. C. perviam enarraret... Codicum istorum familiaritate tantopere se delectari aiebat, ut a sacris litteris primo haberet loco : eoque studiosos quam diligentissime commendabat. (Michael Vosmerus in Vita Adami, cap. xn.)

Otho Truchsessius, Card. Germ. Episc. Albanensis, libros de I. G. tanti faciebat ut, secundum Scripturas divinas, super mensam voluerit legi, ut discumbentium animos fructu pietatis inter cibum afïerrent. (Conradus Brunus, cancellarius ipsius, Epist. ad Guillerm Truchsessium Othonis parentem, ann. 1654.)

Imperator Ferdinandus II, Austriacus, quotidie vel unum caput ex libello de I. C. vel aliquot ex eo selectas sententias legebat. (Guillelmus Lamormaini S. J. illi a confessionibus, lib. de Virtutibus ipsius, cap. v.)

Hune ipsum librum Alexander Saulius, magnae sanctitatis, Papiensis Episcopus, e manibus nunquam dimisit : eoque animum suum gravissimis diœcesis suas curis distractum refecit et oblectavit. (Const. Cajetanus et Rosweydus.)

2 Sane illustrissimum Baronium, inter nostri aevi doctissimos juxta ac piissimos, nulli doctrina, nulli pietate secundum, non

Aux yeux de Bellarmin (lib. de Script, eccles.), l'I. C.

est une œuvre de la plus grande utilité, et c'est à bon droit, dit-il, que, dans l'Église universelle, et d'un consentement unanime, on s'en sert habituellement, et qu'on l'a traduite dans toutes les langues. « En ce qui me concerne, ajoute l'éminent théologien, dans ma jeunesse et dans ma vieillesse, j'ai tourné et retourné fréquemment ce livre et j'y ai toujours trouvé du nouveau, et maintenant encore il délecte mon cœur d'une manière merveilleuse : Opusculum est utilissimum, et jure in tota Ecclesia, summo omnium consensu, receptum et frequentatum, et in omnes linguas conversum. Ego certe ab adolescentia, et usque ad senectam, hoc opusculum s^pissime volvi, et revolvi : et semper mihi novum apparuit, et nunc etiam mirifke cordi meo sapit. »

Louis Molina, le célèbre théologien, quelles que fussent ses occupations, ne manquait jamais de lire tous les jours un chapitre du saint livre '.

Le P. de Grenade estimait tellement l'I. C, qu'il voulut la traduire en espagnol. Il fit précéder sa traduction d'un éloge magnifique, d'où nous tirons les paroles suivantes : « Quelque louange qu'on donne à ce livre, ceux qui le considéreront avec un esprit de piété diront, après l'avoir lu, ce que la reine de Saba dit après avoir vu la gloire de Salomon : « Votre sagesse est plus grande que votre réputation, et ce a que vous faites passe tout ce qu'on m'a dit de vous... » Prenez donc avec vous ce bon ami, portez-le toujours sur

semel dicentem audivi, a nemine erga divina bene affecto sine spirituali profectu legi posse. (Fabianus Justinianus, lib. II, De sacro concionatore, part. II.)

{ Non est prœtereunduin, Ludovicum Alolinam tam fuisse addictum semper editioni illius libelli utilissimi.ut nulle die modicum tempus non Intermitteret a reliquis studiis, in quo caput ejus integrum non perlegeret. (Alegambe Bibl. Script. Soc. Jesu.)

vous ; après l'avoir lu, lisez-le encore et le relisez; il ne vous déplaira pas, croyez-moi, car même après dix lectures il vous plaira encore, et dans les mêmes paroles vous trouverez toujours quelque nouvelle chose à apprendre ; vous y reconnaîtrez de plus en plus la nature de l'Esprit-Saint qui est inépuisable1. »

Opus de I. C, quassitas per annos complures virtutis, consummatae in sanctissimis exercitationibus scientiœ, et expeditœ ad cœsim et clare scribendum facilitatis, virum redolet qui ex Scnptunset multis Sanctorum Patrum voluminibus suum oietatis omnem succum ac veluti sanguinem evehit et instituendœ ad optimos mores vitae regulam confecit. (De Launoi. Dissert de auctore.)

De Balthasaro Alvarez magistro S. Theresiœ, Ludovicus de Ponte in Vita îllius refert libellumde Contemptu Mundi Balthasarum tradidisse Joanni Ximeni, cum ipse totum in suam animam transtudisset ; qui Ximenes septemdecim annis duos tantum legerat ; septem primis, Epistolas S. Catherine Senensis ; reliquis, yitam. (Heser. Dioptra, p. 224.)

P. Christianus Bauman, S. J.,qui commentarios in universam philosophiam Aristotelicam elaboravit, dicebat librum de I. C, omnibus se Platonicis libris prasponere. (Ex hist. coll Ineolst anno 1 635 .)

Opus de I. C, religiosi est veteris et perfecti qui diu multum- ■ que ea quas docet opère ipso compievit, multumque in spirituali vita profecit, qui sacras litteras et libros spirituales versavit et assidue meditatus est, quique presbvter jam erat.(Dupin. Dissert.)

Liber exiguus, sed insignis est, et sua mole, si spiritum spectes, major: titulus est, De I. C. Audacter asseverem, tam conjunctam Deo mentem, tam prudenti pietate perfusam, ac propemodum in abdita Dei raptam, non potuisse placitos illi cultus, et sincerœ fidei regulam ignorare. (Jean Bàrclai. Paran. ad Sect., lib. I, cap. vin.)

Evolve in primis libellum illum, uti dicitur, et est, vere aureum de I. G. cuivis homini Christiano adeo utilem, ut haud sciam, an post Scripturam Canonicam quicquam magis conducat ad pietatis profectum promovendum. (Simon Verepseus, presbvter. Enchir. piar. precal. Edit. Antuerp. 1572.)

Aureus i lie de I. C. libellus non modo de manibus nunquam deponendus, sed ad verbum ediscendus, tanquam pietatis myrothecium, jure omnium gentium linguis hodie legitur. (Aubertus Miraeus, Canon. Antuerp. In centuria Illust. Belg. Script. Décade IV.)

Libellum de I. C. cœteris omnibus privatse auctoritatis praefe-

Page 1