LIVRE DIXIEME. £4r
positivisme au livre de 17. C. Ce n'est pas que nous méconnaissions les affinités de la philosophie positive et du mysticisme. L'instinct religieux, chassé de l'intelligence, prend place avec une plus grande énergie dans le sentiment. De là, cette coexistence, qui ne surprend nullement le psychologue, de l'incroyance dans l'esprit et du mysticisme dans le cœur. Auguste Comte n'en a-t-il pas donné un exemple frappant, à la fin de sa vie, lorsqu'il a voulu fonder la religion réelle et universelle ou positivement catholique ? Docile aux enseignements du maître, M. William de Constant Rebecque a essayé de transformer « l'admirable poème de l'I. C, trésor inépuisable de la vraie sagesse ». Le disciple d'Auguste Comte a réussi, en effet, à transformer le pieux livre. Il l'a rendu méconnaissable. On en jugera par le passage suivant ». Il s'agit de traduire en langage positiviste le premier chapitre du livre : « De l'imitation de Jésus-Christ et du mépris de toutes les vanités du monde. « Qui me « suit ne marche pas dans les ténèbres, » dit le Seigneur. Telles sont les paroles de Jésus-Christ, par lesquelles il nous excite à imiter sa vie et sa conduite, si nous voulons être vraiment éclairés et délivrés de tout aveuglement du cœur. Que notre grande étude soit donc de méditer sur la vie de Jésus-Christ. L'enseignement de Jésus surpasse la doctrine de tous les Saints. Celui qui en aurait l'esprit y trouverait une manne cachée, etc. »
Voici comment M. de Constant Rebecque traduit ces simples paroles en langage positiviste :
« Dominer l'égoïsme de son âme, en la mortifiant pour étendre son altruisme, en l'excitant. »
« De l'assimilation des fonctions intérieures de l'âme dé-
« Appréciation positive de l'Imitation dé Jésus-Christ ou de
1 Assimilation a 1 humanité. I.a Haye, 1860, i vol. in-8 .
vouée et fidèle à celles de l'âme du Grand-Ètre terrestre, organe de la Divinité universelle ; la sympathie intelligente et active, éternellement progressive, par la prépondérance habituelle de sa nature sociale, éveillée et développée par la femme, sa Providence morale et religieuse et son plus pur organe, sur sa nature personnelle ; et de la soumission de l'unité, qui en résulte, à l'ensemble des lois, révélé par sa priorité, »
a Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. »
« L'àme qui se soumet volontairement, avec amour et sérénité, à la Divinité universelle, à la sympathie intelligente et active, éternellement progressive, nommée l'humanité sur la terre, es: en voie de s'assimiler à elle et de se transformer d'un de ses éléments momentanés en un de ses éléments permanents. »
« Tel est le sens de ce verset qui excite l'àme à imiter l'exemple de la priorité, si elle veut être éclairée et délivrée de tout aveuglement, dû à ses instincts et à ses besoins originellement personnels, et être dévouée et fidèle à l'humanité ; car pour cela elle doit connaître les lois qu'elle lui révèle, et s'y soumettre dignement, sympathiquement et avec bonheur. Qu'elle tasse donc sa principale étude de sa priorité, continuée par son public. »
« Cette connaissance, le dogme de la Religion de l'Humanité, notre Sauveur comme priorité et notre soutien comme public en ce qu'elles réalisent et développent, de plus en plus, sur la Terre, la sympathie intelligente et active indéfiniment progressive, déesse et Dieu de l'univers, est de beaucoup supérieure aux dogmes des religions précédentes par son plus de posivité; et l'âme qui en aurait le véritable esprit, y trouverait un trésor de sagesse inépuisable, etc. »