LIVRE DIXIÈME
C'est de la pare aberration. Autant vaudrait mettre les odes de Pindare en formules algébriques. Il faut néanmoins retenir de cette tentative ridicule, que l'I. C. a un caractère d'universalité qui la fait apprécier par les âmes les plus différentes. Les protestants s'en accommodent; les positivistes la tirent à eux. Les spiritualistes en font leurs délices : « L'Imitation de Jésus-Christ, disait Leibnitz (Lettres, in- 1768, p. 77;, est un des plus excellents traités qui aient été faits. Heureux celui qui en pratique le contenu, non content de l'admirer l ! »
Faut-il cependant admettre, que les sceptiques et les musulmans eux-mêmes se sont pris d'affection pour ce livre Il y aurait là une exagération manifeste que nous voudrions réduire à ses justes proportions, en exposant la vérité sur un mot attribué à Fontenelle, et sur le fait du roi de Mauritanie mis en avant par Sommalius.
Xous enlèverons à Fontenelle le mot qu'on lui attribue généralement, parce que les auteurs se copient et répètent souvent la même erreur. Ce n'est pas l'ingénieux auteur de la « Pluralité des mondes » qui a dit, en parlant de l'I. C.,le « livre le plus beau qui soit sorti de la main d'un homme, puisque l'Évangile n'en vient pas ». Ce mot heureux appartient à l'abbé d'Olivet. « Je ne trouve point, dit-il, dans la traduction de M. Corneille, le plus grand charme de l'Imitation de Jésus-Christ, je veux dire sa simplicité et sa naïveté. Elle se perd dans la pompe des vers, qui était naturelle à M. Corneille, et je crois même qu'absolument la torme des vers lui est contraire. Ce livre, le plus beau qui soit parti de la main d'un homme, puisque l'Évangile
1 On lit avec intérêt quelques considérations philosophiques de M. Caro sur l'I. C, en tète de la traduction de Mariliac, édition Jouaust, in-S , 1876.
vouée et fidèle à celles de l'âme du Grand-Être terrestre, organe de la Divinité universelle ; la sympathie intelligente et active, éternellement progressive, par la prépondérance habituelle de sa nature sociale, éveillée et développée par la femme, sa Providence morale et religieuse et son plus pur organe, sur sa nature personnelle ; et de la soumission de l'unité, qui en résulte, à l'ensemble des lois, révélé par sa priorité. »
« Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres. »
.« L'âme qui se soumet volontairement, avoc amour et sérénité, h la Divinité universelle, à la sympathie intelligente et active, éternellement progressive, nommée l 'humanité sur la terre, est en voie de s'assimiler à elle et de se transformer d'un de ses éléments momentanés en un de ses éléments permanents. »
« Tel est le sens de ce verset qui excite l'âme à imiter l'exemple de la priorité, si elle veut être éclairée et délivrée de tout aveuglement, dû à ses instincts et à ses besoins originellement personnels, et être dévouée et fidèle à l'humanité ; car pour cela elle doit connaître les lois qu'elle lui révèle, et s'y soumettre dignement, sympathiquement et avec bonheur. Qu'elle fasse donc sa principale étude de sa priorité, continuée par son public. »
« Cette connaissance, le dogme de la Religion de l'Humanité, notre Sauveur comme priorité et notre soutien comme public en ce qu'elles réalisent et développent, de plus en plus, sur la Terre, la sympathie intelligente et active indéfiniment progressive, déesse et Dieu de l'univers, est de beaucoup supérieure aux dogmes des religions précédentes par son plus de posivité; et l'âme qui en aurait le véritable esprit, y trouverait un trésor de sagesse inépuisable, etc. »