‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 37 sur 336 · LIVRE DEUXIÈME. ~o · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIÈME. ~o

éminents secrétaires qu'ait eu ce tribunal apostolique, aimait à montrer la lettre d'un vénérable ecclésiastique français, qui le priait de faire connaître l'opinion de Rome sur le livre De Imitatione Christi, que Ton prétendait avoir été mis à l'Index.

Ce qui donne lieu à de semblables questions, qui se sont plusieurs fois répétées, c'est que l'on a mis à l'Index la traduction de ri. C, en latin élégant, faite par le protestant Castillon1. Cet humaniste en a pris trop à l'aise avec le pieux livre. Il a supprimé le IVe livre tout entier, et souvent ramené le texte des autres parties à des opinions hétérodoxes. Cette interprétation frauduleuse a été condamnée avec justice, mais sans entraîner, il s'en faut, la réprobation de l'original.

Ce n'est pas dans le clergé seulement, c'est aussi dans le monde érudit, que la condamnation de la traduction de Castillon a suscité quelques vagues préjugés.

Dans ce milieu de Paris, où la curiosité intellectuelle se donne libre carrière, un docte membre de l'Institut, le regretté M. Thurot, très au courant du mouvement théologique qui s'est produit pendant le moyen âge, me disait un jour : « N'êtes-vous pas inquiet lorsque vous lisez l'I. C. ? Ce livre sent le fagot. Ce doit être, ou l'Évangile Eternel de Jean de Parme, ou le Code des Frères du Libre Esprit. Je ne

1 (Amort. Inform., p. 3.) In novissimo confixionis librorum decreto, quod Romas 1725 editum est, continetur etiam : « De Christo imitando, contemnendisque mundi vanitatibus libellus authore Thoma Kempisio libri quatuor, interprète Sebastiano Castellonio. » Londini, 1709.

Dans l'édition de V « Index librorum prohibitorum » de 1862 (Naples, in- 12), nous lisons : Castalio, seu Castellio Sebastianus. I Cl. Ind. Trid. — De Christo imitando, contemnendisque mundi vanitatibus authore Thoma Kempisio libri quatuor, interprète Sebastiano Castellione. Decr. 4 Decembris 1723.

m'étonne pas qu'il soit resté longtemps inconnu. Il doit avoir été frappé de suspicion à l'origine, et condamné à l'obscurité. Puis, lorsque l'oubli s'est produit, lorsque les conséquences pernicieuses du système ont été étouffées avec la vie des sectaires, Béghards ou Spirituels, qui y puisaient leurs erreurs, l'ouvrage a été ressuscité par un naïf, et il est devenu au quinzième siècle, après un sommeil de cent cinquante ans, le manuel des orthodoxes. Habent sua fa ta libelli. »

— Maître, ai -je répondu avec respect, vous aussi, vous l'érudit prudent et discret, vous vous aventurez dans les hypothèses téméraires, et vous êtes séduit par les paradoxes surprenants ? L'auteur de l'I. C. hérétique ! Ces termes impliquent contradiction. L'hérésie, c'est une opposition consciente ou aveugle à l'autorité de l'Église. Dans l'I. C. vous ne trouverez ni la révolte ni l'ignorance. Le livre est certainement d'un savant docteur, humblement soumis à l'Eglise : ce qui constitue tout le contraire d'un hérétique.

PSYCHOLOGIE DE l'i. C. .

On ne peut que remarquer le soin de l'I. C. à s'abstenir des termes singuliers et technologiques. Notre auteur emploie toujours un langage simple et facile à entendre.

Il ne faut pas cependant s'y tromper : facile à entendre, pourvu que l'on en connaisse la terminologie, souvent distincte de la terminologie scolastique.

La spiritualité a conservé, en effet, son système à elle,

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