LIVRE DEI \u ÏME. g
Saint Augustin ', ou plutôt l'auteur du livre « De anima et spiritu », donne, au chapitre xiv, les distinctions suivantes : « L'âme, suivant les différentes fonctions qu'elle remplit, reçoit plusieurs noms. Quand elle fait vivre le corps, elle est dite, anima; spiritus, quand elle contemple; sensus, quand elle éprouve des impressions ; animus, quand elle juge avec prudence ; mens, quand elle comprend ; ratio, quand elle discerne; memoria, quand elle se rappelle; voluntas, quand elle consent. Ces facultés ne diffèrent pas de substance. Mais les propriétés sont diverses dans l'unité d'essence. »
Les diverses expressions signalées dans ce texte se retrouvent dans l'I. C.
Dans ce texte, se trouve l'embryon du système psychologique des spirituels, arrêté et formulé en dernier lieu par saint Bonaventure.
Saint Bonaventure (Itiner., cap. i) résume ainsi les données psychologiques des spirituels : « Notre âme, dit-il, a trois aspects principaux. Le premier, se rapporte aux fonctions corporelles, et considérée selon cet aspect, elle est dite, animalité (anima). Le second, se rapporte à l'âme dans ses opérations en elle-même et sur elle-même ; alors elle est désignée par le nom d'esprit (spiritus). Le troisième, concerne les choses qui sont au-dessus de l'homme ; en ce sens, elle est l'âme proprement dite (mens). Voilà comment l'homme est préparé à s'élever jusqu'à Dieu. »
1 Anima, secundum diversa officia, diversis nuncupatur nominibus. Dicitur namque anima, dum végétât; spiritus, dum contemplatur; sensus, dum sentit; animus, dum sapit prudenter • mens, dum intelligit ; ratio, dum discernit : memoria, dum recordatur; voluntas, dum consentit. Ista tamen non differunt in substantia. Proprietates quidem diverse sunt, sed essentia una.
Saint Bonaventure subdivise ensuite chacune de ces trois puissances de l'âme en deux facultés :
i° Animalité : sens, imagination;
2° Esprit : raison, intellect ;
3° Ame : intelligence, syndérèse.
Voilà pour les facultés intellectuelles. Si nous ajoutons que leurs modes d'agir sont la pensée (cogitatio) ou premières impressions ; la considération (consideratio) ou réflexion ; enfin, la contemplation (contemplatio) ou intuition de la vérité ; nous aurons achevé de donner la clef de la psychologie intellectuelle des auteurs de spiritualité.
Plus simple encore est leur psychologie des inclinations :
A l'animalité répond l'appétit sensitif ;
A l'esprit : l'appétit spirituel ;
A l'âme : l'appétit mental.
Les passions, ou modes de ces divers appétits, sont la crainte, la douleur, la joie et la confiance. (I. vi, i.)
Chacun des trois groupes de facultés intellectuelles et d'inclinations est désigné par les mystiques sous le nom de premier ciel, de ciel moyen, de troisième ciel. Dans le premier ciel, ou ciel d'en bas, se trouve l'animalité et ses appétits ; dans le ciel mitoyen, la raison inférieure et ses appétits; dans le troisième ciel, la raison supérieure et ses
appétits.
L'auteur de 11. C. adopte ce système, non pas peut-être dans tous ses détails, car saint Bonaventure n'a pas laissé d'y introduire quelque chose de la subtilité scolastique, mais du moins dans ses lignes principales.
Sans entrer en des développements qui nous mèneraient trop loin, expliquons cependant les termes principaux du système.
Anima, spiritus. —La première distinction que nous avons