‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 5 sur 336 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

suppléer au défaut d'ordre, en indiquant les divers passages, qui peuvent être rapprochés les uns des autres.

Methodus practica. — Le P. Martin Funez, jésuite de Yalladolid1, composa, à la fin du seizième siècle, la «Methodus practica libelli Thomae a Kempis, de I. C. » Le P. Sotwel a donné quelques renseignements sur la publication de cet ouvrage. Le P. Funez, professeur de morale, à Milan, l'aurait composé, sur la demande du vicaire général Albergati. L'ouvrage parut sans nom d'auteur. La première édition de cet opuscule a échappé jusqu'ici à toutes les recherches. On en connaît une édition de Cologne, 1590. Cajetan reproduisit ce travail dans ses éditions de 11. C. Merlo-Horstius l'inséra dans son « Viator Christianus 2 ».

1 Funez (Martin de), né à Valladolid en i56o, reçu au noviciat de Salamanque en 1577, enseigna pendant huit ans la théologie scolastique à Gratz, et pendant trois ans la théologie morale à Milan ; il retournait en Espagne, en 161 1, quand la mort le surprit près de Sienne, le 25 février. (Sommervogel.)

Sommervogel signale la plus ancienne édition .connue de la « Methodus practica » : Methodus practica aurei libelli Thomse de Kempis de I. C, in qua docetur homo a principio perfectionis christianœ usque ad summum gradum ordinate progredi, tam magistris quam discipulis vitae spiritualis perutilis. Coloniae, sumptibus Hermanni Mylii, anno 1590, in-i 6, p. 43. — Autre édition : Colonise apud Hierat, 1610, in- 1 6.

2 Le texte reproduit par Merlo-Horstius n'est pas tout à fait conforme à celui qui a été donné par Cajetan, surtout au commencement. D'ailleurs, Merlo-Horstius ne semble pas avoir eu la conviction absolue que le P. Funez avait saisi la véritable pensée de 1*1. C, car il fait suivre la « Methodus practica » de l'observation suivante : « Si cui minus ista methodus satisfacit (nam raro plures probant eamdem) sed putat hic triplicis via? munia confuse et promiscue tradi, cum hoc nolim pluribus contendere ; is tamen meminerit, ita se habere vitam hominis, quantumvis etiam religiose beneque formatam, ut non semper uno tenore a vestibulo decurrat ad fastigium.» (Viator Christianus recta ac regia in cœlum via tendens, ductu Thomœ de Kempis; cujus De Imitatione Christi,aliaque piissima opuscula nova cura recensuit et notis illustravit Jacobus Merlo-Horstius)

L'abbé de Bellegarde en a donné une traduction en 1698 l. Barthélémy Zucchi l'avait déjà traduit en italien (Milan, 1603). Cet écrit n'est guère plus étendu que la « Peritia », dont nous aurons bientôt à parler, mais qu il lui est inférieur! Le P. Funez n'a qu'une préoccupation : établir que l'auteur de l'I. C. a suivi un ordre méthodique dans l'exposition de sa doctrine. On ne comprend pas qu'une telle pensée ait pénétré dans l'esprit d'un critique sérieux. Rosweyde2 a relevé

1 L'abbé de Bellegarde a traduit intégralement la collection des ouvrages que Merlo-Horstius a compris dans le « Viator Christianus ». 11 n'a pas négligé de faire passer en français les analyses marginales dont le docte curé de Sainte-Marie in Pasculo a accompagné le texte de l'I. C. et des autres opuscules attribués à Thomas à Kempis. C'est même ce qui fait rechercher sa traduction, d'ailleurs peu estimable, car il n'existe pas d'autre interprétation française des notes d'Horstius. « Les notes d'Horstius, dit le traducteur, et l'introduction qu'il a faite au commencement de l'I. C, peuvent être d'un très grand secours pour l'intelligence de ce livre, et pour en bien prendre l'esprit : c'est encore un avantage, que cette nouvelle traduction a par dessus les autres, où l'on ne trouve ni ces notes ni cette analyse. » Il va dans ces paroles une erreur que Barbier (Dissert., in-12, p. 56) a déjà relevée. Cette introduction, cette analyse, dont parle Bellegarde, c'est la « Methodus practica », qui n'a pas été composée par Horstius. On peut le démêler dans le court prologue placé par le docte curé en tête de la « Methodus practi-ca », dont nous empruntons la traduction à Bellegarde lui-même : « Le religieux et le dévot Thomas à Kempis, chanoine régulier de Saint-Augustin, a mérité, sans contestation, par les livres qu'il nous a laissés de l'I. C, le premier rang entre tous les écrivains ascétiques, qui ont traité avec succès* de la vie et de la perfection chrétiennes. Plusieurs, cependant, au jugement de bien des gens, se plaignent qu'il ne s'y trouve ni ordre ni méthode. Ce n'est pas qu'au fond l'un et l'autre y manquent, mais c'est faute de lumière pour les apercevoir. Quelqu'un a voulu essayer s'il pourrait en quelque manière, par des paroles, tracer le plan de la Méthode qui est cachée dans ses livres, etc. » Les termes d'Horstius sont obscurs, mais ils ne sont pas incompréhensibles, et BellegaTde en ne s'y arrêtant pas a donné, ainsi que le dit Barbier, une nouvelle preuve de l'extrême rapidité avec laquelle il travaillait.

2 « Jam vero, qui methodum aliquam practicam in his libris inveniunt, nœ pium eorum studium vehementer laudo : quam-

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