LIVRE PREMIER
cette erreur avec autorité, et il a justement reproché à Cajetan d'avoir reproduit, à côté l'une de l'autre, la « Peritia » et la « Methodus » qui s'excluent mutuellement.
Les observations du savant jésuite n'ont pas porté fruit, car Cajetan, Valgrave, Le Duc, Lachèze1 ont continué à
quam auctori, cum haec scriberet, nullam sibi hic methodum prœfixisse, plane mihi persuadeam. Cur enim ipse alias nec eumdem numerum servasset, nec eumdem semper ordinem ? Credo eum potius, ut Spiritus quaeque dictabat, sua elocutum. Et quidem singuli libri ita persparsi sunt variorum condimentorum materia, ut quodcumque caput fortuito inspicias, convenientia semper prœsenti necessitati remédia invenias; quod et prudentissime animadvertit et pientissime in se expertus est B. P. N. Ignatius, mirificus libelli hujus imitator. Quare peritius quoque egit, qui primus horum librorum « Peritiam » (ita eam vocant Belgicœ editiones, ubi Cajetanus habet « Brevem Epitomen ») quam qui « Methodum practicam » concinnavit. Xam cum uterque concinnator quatuor his libris agi velit de triplici via, Purgativa, Illuminativa, et Unitiva, prudenter « Peritise » concinnator quamque viam per quemque librum sparsam recognovit, cum rêvera auctor quovis libro de singulis aliquid attigisse dici possit. Ut ordine processerit, quod « Methodi practicas » collector existimavit, nulli facile persuadebitur, cum ne quidem inter ipsos libros certus et stabilis ordo in veteribus mss. reperiatur, ut paulo ante declaravi. Unde mirari satis non possum judicium Cajetani, qui cum editioni suse et « Methodum practicam » et « Brevem Epitomen » seu « Peritiam » praefigat, non animadvertit alteram cum altéra pugnare : cum collector « Methodi practicœ » velit ab auctore perfectionem, velut feram, uno tenore investigatam recto tramite ; « Peritiœ » vero concinnator diversis viis, nunc hue, nunc illuc, nunc antrorsum, nunc retrorsum, recurrendo quoquo se inter dumeta condat, quaqua caput efferat, persequendam judicet. Sed ne « Peritia » nec « Methodo » hic opus, cum auctor nullum certum ordinem servaverit, ut jam dixi. Peritia tamen loco indicis servire possit ; etsi liber nullo magnopere indice indigeat. » (Rosweyd. Yindiciœ Kempenses, xvn.)
1 Cajetan, dans sa « Responsio » de 1644, maintient que l'I. C. est rédigée d'après un ordre méthodique, et il donne en démonstration, au chap. xiv, le résumé de la « Methodus practica •».
Valgrave esquisse à grands traits le plan suivi dans l'I. C. en se gardant bien d'insister sur les détails, comme le P. Funez. (Voir, Animadversiones Apologeticae, § 5.)
L'abbé Le Duc, ancien vicaire de Saint-Paul à Paris, a publié,
suivre les errements du P. Funez, et à rechercher dans les développements de PI. C. un ordre qui ne s'y trouve pas, et qu'on ne peut y apercevoir que grâce aux illusions d'un esprit prévenu.
en 1737, une traduction nouvelle de PL C. avec des réflexions, des pratiques et des prières à la fin de chaque chapitre. Le cardinal Henriquez leur a fait l'honneur d'une traduction qu'il a insérée dans son édition italienne du pieux livre. Nous n'avons pas à en parler ici. Il nous suffit de signaler la Récapitulation ou Analyse que le traducteur français a placée à la fin de chaque livre, pour en rendre la lecture plus utile. « Quoique le pieux auteur, dit l'abbé Le Duc, animé du Saint-Esprit, semble avoir écrit de l'abondance du cœur les divines maximes dont il s'était rempli, en lisant, méditant, et étudiant avec soin l'Ecriture et les Pères, et qu'il ne paraisse pas s'être mis en peine de s'assujettir à une certaine méthode, soit dans l'arrangement de ses livres, soit dans la suite des matières qu'il y traite (ce qui est le vrai caractère des ouvrages de piété, où le cœur a plus de part que l'esprit), on n'a pas laissé de découvrir une certaine liaison, et un enchaînement de principes et de conséquences. On a aperçu un maître de la vie spirituelle, habile, qui, par un art admirable, a su conduire son disciple par degrés à la plus haute perfection, et le faire passer imperceptiblement par les trois états que les grands maîtres de la science du salut ont appelés la vie purgative, la vie illuminative, et la vie unitive. C'est ce que j'ai tâché de faire sentir dans la Récapitulation que j'ai faite a la fin de chaque livre. » (Préface.) — L'abbé Le Duc a eu la bonne inspiration de ne pas pousser son idée à l'extrême. Son analyse se borne à un sommaire de chaque chapitre, et sauf quelques allusions à la triple vie spirituelle, il ne poursuit pas autant que ses devanciers l'adaptation de chaque chapitre a un plan imaginaire. -
Bien autres ont été les préoccupations de Lacneze. Un ne saurait conduire plus loin la recherche d'un plan. « La perfection chrétienne d'après l'Imitation de Jésus-Christ»(Palme, îmi 8, i85q), tel est le titre d'un livre dans lequel l'écrivain selforce i° de faire concevoir le plan de PI. C. ; 20 de faire, en suivant le même ordre d'idées, une œuvre de morale usuelle et pratique ; 3' de fournir aux âmes pieuses pour tous les jours une lecture spirituelle, et par suite un sujet d'oraison. Nous n avons à parler ici que de l'ordre méthodique attribué par M. Lacneze à PL C. Cet ordre, nous le voyons bien dans l'analyse : mais nous ne vovons pas que l'analyse corresponde au livre étudie.
Si l'on voulait trouver, à la rigueur, un ordre général dans PI. C, il faudrait s'en tenir à la vague indication de Sacy : « On