LIVRE DEUXIÈME. g
coup ont perdu la dévotion pour avoir voulu scruter de trop profonds sujets». Pourquoi? C'est qu'ils ne se sont pas précautionnés contre les abus, qui peuvent dériver d'une étude indiscrète. Or, l'un des premiers abus que l'on rencontre dans l'acquisition de la science, c'est la présomption. Autant il y a d'états dans l'Église, autant il y a de mesures de science religieuse. Le prêtre est obligé de savoir plus de doctrine sacrée, que le marchand; la Religieuse, que la femme du monde. Parmi les prêtres, il en est qui sont obligés à une plus grande réserve dans l'étude de la théologie, par suite de la débilité de leur intelligence; tandis que d'autres sont astreints, à raison de leur vigueur intellectuelle, à creuser plus profondément le sol de la théologie. Il en résulte que celui qui veut sortir de la limite de science religieuse propre à son état et a son intelligence, tombe dans la présomption et se perd dans des études disproportionnées à ses forces. « Vouloir connaître plus qu'il ne convient, dit saint Augustin, est une sorte d'intempérance. »
L'habitude du raisonnement entraîne à l'abus de la discussion. La personne qui s'est accoutumée, après de longues et de patientes études, à discourir et à raisonner de tomes choses, porte la même préoccupation dialectique dans les choses de la religion. Or, dans la religion et surtout dans la dévotion, il ne faut pas que le raisonnement soit tout et élimine tout. Le cœur a sa place dans l'homme de foi, comme dans l'homme naturel. Il n'y a pas de dévotion possible dans un esprit livré à la pure dialectique.
g£ LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.