LIVRE TROISIÈME. r*c
notre volonté des ferveurs de la dévotion; elle ferme notre cœur à toutes les créatures pour ne l'ouvrir qu'à Dieu seul ; et c'est pour cela qu'elle s'appelle la vie intérieure, la vie de Jésus-Christ dans le chrétien, et du chrétien dans Jésus- Christ. La première vie est une vie de réprobation foudroyée des anathèmes et des malédictions de Dieu. La seconde est h vie des prédestinés et des enfants de Dieu, qui nous rend l'objet de ses complaisances et de son amour. » (Bernezai. Traité de la Vie Intérieure, liv. I, chap. 1.)
6° Le vieil homme et Yhomme nouveau : expressions de saint Paul pour désigner l'homme qui vit selon la nature et celui qui vit selon la grâce : « Vous avez été instruits dans l'école de Jésus-Christ... à dépouiller le vieil homme de votre vie d'autrefois... Revêtez-vous de l'homme nouveau. » (Ephes. iv, 22 et 24.) Cet homme nouveau, le grand Apôtre l'appelle, dans son Épître aux Galates, la nouvelle créature parce qu'étant régénéré par le Saint-Esprit, il est reformé' et comme créé de nouveau selon Jésus-Christ : In Christo Jesu... nova creatura (Gai. vi, 15).
7° Homme céleste, homme terrestre. Ces désignations viennent encore de saint Paul : « Ce qui est spirituel n'a pas été formé en premier lieu ; mais ce qui est animal, d'abord; ensuite, ce qui est spirituel. Le premier est de la terre, il est terrestre ; le second homme est du ciel, il est céleste. )> (I Cor. xv, 46, 47.)
Le chrétien qui mène la vie totale pour Dieu est vraiment l'homme du ciel dont les pensées, les affections et les désirs ne rampent point sur la terre, mais s'élèvent audessus de toutes les bassesses de ce monde pour se porter jusque dans le ciel.
8° Pour comprendre les expressions de vie spirituelle, de -spiritualité, de spirituels, il faut se reporter aux indications,
que nous avons données plus haut, relativement aux termes de anima, spiritus. Saint-Jure résumant l'enseignement des meilleurs auteurs a dit excellemment : « La vie spirituelle est ainsi appelée parce que c'est une vie qui est en 1 esprit, et qui prend toute sa force et tout son mérite de 1 esprit. » (Connaiss., liv. I, chap. n, sert. 2.)