‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 68 sur 336 · LIVRE TROISIÈME. j j · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. j j

ne s'appliquent qu'aux moines, il n'en est pas un seul qui les exclue; tandis qu'il n'est pas un seul texte qu'on puisse entendre des laïques seuls, et qu'il en est un grand nombre qui les met absolument hors de cause.

Le livre de 11. C. supposant une grande connaissance des hommes, on a quelquefois émis la pensée que l'auteur ne pouvait être un moine, qui ne connaît que sa cellule. Voici la réponse à l'objection : elle est de Lamennais : « Le Religieux, au fond de sa cellule où nulle autre pensée ne le distrait de la pensée du souverain Être, vers lequel s'élèvent tous ses désirs, le contemple dans sa pureté, sa beauté ineffable, et, se comparant à ce divin modèle, travaille incessamment à détruire en soi tout ce qui peut le séparer de lui. On ne sait point assez jusqu'où cette continuelle application à s'observer soi-même, à surprendre le mal à sa naissance, sous les formes les plus déliées et ks plus fugitives, jointe à une aspiration véhémente au bien indéfini, au beau substantiel qui est Dieu même, développa, dans les siècles de foi, en certaines âmes d'élite, la délicatesse du sentiment et la sagacité du regard interne! Il ne faut pas chercher ailleurs la raison de cette merveilleuse connaissance de l'homme, qu'on ne se lasse point d'admirer dans les moralistes et les adorateurs chrétiens. » (Esquisse d'une philosophie, tom. III, liv. IX, chap. m, p. 428.) Donc, l'auteur de l'I. C. était moine.

Était-il prêtre ? car tout moine n'est pas prêtre nécessairement.

« Dans les premiers siècles de son existence, l'Ordre monastique n'était même pas regardé comme faisant partie du Clergé. Non seulement tous les moines n'étaient pas prêtres, mais ils comptaient parmi les laïques. Il est très difficile de suivre et de reconnaître les différentes phases de la trans-

g LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.

formation qui fit monter les moines de la condition laïque à celle qui leur a valu le titre et l'existence du cierge régulier par opposition au clergé séculier. »> (Montalembert. Moines d'Occident, tom. II, p. 57-)

Il ne faut pas s'attarder longtemps à démontrer que 1 auteur de l'I C. était prêtre. Personne n'a mis la chose en doute. Son ouvrage est écrit pour des moines par un morne prêtre. 11 suffit d'ouvrir le quatrième livre au hasard pour en avoir la preuve : « Que votre grâce nous assiste, Dieu tout-puissant, afin que nous qui avons pris le ministère sacerdotal, nous puissions vous servir, dignement et dévotement, en toute pureté et bonne conscience. »W. xi, 36.

Et ailleurs :

« Conservez sans tache mon cœur et mon corps, afin que je puisse plus souvent célébrer avec une joyeuse et pure conscience ces Mystères. » Ibid. 11, 22

« Or, puisque je suis si souvent négligent et t.ede quand je communie et célèbre, que serait-ce si je ne prenais pas le médicament, et si je ne recherchais pas une aide si grande ! Et quoique, tous les jours, je ne sois pas en état m bien disposé pour célébrer, j'aurai pourtant soin, aux temps convenables, de recevoir les divins Mystères et de me présenter à la participation d'une si grande grâce. » Ibid. m, 3-

« le vous offre aussi tous les désirs... de ceux qui ont désiré et demandé que je disse des prières et des messes pour eux et pour tous les leurs. » Ibid. ix, 13.

Cependant, il est très vrai de dire que, si 1 auteur de 11 C était prêtre, néanmoins le livre ne s'adresse pas exclusivement aux prêtres. Ce n'est pas certainement du prêtre qu'il est dit : « Qu'il est heureux et agréable a Dieu, celui qui vit de telle sorte, et conserve son âme avec une telle pureté, qu'il serait prêt et porté de cœur à communier même

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