‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 71 sur 336 · LIVRE TROISIÈME. T · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIÈME. T

mentaires des enfants de saint Augustin n'atténuent pas les prescriptions de la Règle. Hugues de Saint-Victor, dans son ouvrage sur la Règle de son Père et de son Maître, établit la justice des prescriptions qu'elle édicté, sans rien diminuer de leurs rigueurs. Dans l'I. C, on trouve un esprit diamétralement opposé. Ce n'est plus la sévérité : c'est la plus bienveillante tolérance qui est recommandée : « Si quelqu'un averti une ou deux fois ne se rend pas, ne conteste pas avec lui, mais remets tout à Dieu, afin que sa volonté et son honneur s'accomplisse en tous serviteurs, à Dieu qui sait changer le mal en bien. » I. xvi, 4.

Toute la Règle de saint François se résume en un seul mot : la Pauvreté. Qu'on lise un commentaire sur la Règle franciscaine, par exemple, 1' « Expositio litteralisin Regulam S. Francisco auctore F. Petro Marchant » (Paris, "1669, in-12), et l'on sera frappé de la place, je ne dirai pas prépondérante, ce ne serait pas assez dire, mais presque exclusive, que le patriarche d'Assise réserve à la Pauvreté. Tout est subordonné à la pratique de cette vertu, qui, suivant le Dante, « veuve de son mari pendant mille et cent ans et plus, délaissée et obscure, avait attendu jusqu'à celui-ci sans être recherchée de personne. » Saint François organisa la vie de ses Religieux en telle manière que leurs moindres mouvements, et leurs plus simples pensées, devaient être régis par l'esprit d'indigence. Dans l'I. C, cette préoccupation semble absente. Aucune allusion au vœu de Pauvreté. Le mot, Paupertas, n'est prononcé que deux fois et dans un sens étranger à la Pauvreté franciscaine. Rien qui rappelle les mille soucis que doivent s'imposer les enfants de saint François, pour être fidèles à l'esprit de leur Fondateur, renoncement à la propriété et à l'usage, usage étroit et indigent. Le mot, mendiais, trois fois répété dans le IVe livre,

n'a qu'un sens purement spirituel. Le Religieux de 11. C. est certainement astreint au vœu de pauvreté, mais de la pauvreté simple, non compliquée par les rigides prescriptions de la Règle de saint François. D'ailleurs, on ne trouve dans FI C aucun des termes caractéristiques de la discipline franciscaine : Fraternitas, minister, administrationes, probatio, guardianus, conventus, custodes, amici spintuales,

monacha, etc.

Reste la Règle de saint Benoit. ^

Or ce qui me frappe particulièrement dans l'I. C, c est que l'a terminologie religieuse y est à peu près la même que celle de la Règle de saint Benoît. Elle ne va guère m en deçà ni en delà. Pnecepta magistri, regulam magistram, cœnobium, ccenobita, eremus, eremita, gyrovagus, monasterium, majores, moniales, congregatio, régula, communia, propria, necessaria, cousilium, stabilis, junior, semores, cella disciplina claustralis, emendatio, correctio, etc. ce sont'les mots qui servent spécialement à exprimer les idées et les pratiques du Religieux dans la langue de saint Benoit. Ce sont aussi les mots employés dans 11. C. j'y remarque seulement l'usage des mots, Pralatura, Pnelatus superior, communitas, qui ne sont pas dans la Règle de sain Benoît, tous mots qui étaient cependant d usage gênerai dès les premiers siècles'. Évidemment,. 1 auteur de U.C. parlait la langue bénédictine, non pas cette langue qui a été transformée par l'influence de la Règle de saint François, mais celle qui était en usage avant l'introduction des termes vulgarisés par les Ordres mendiants.

i Beauzée traduit exactement : « Ne vous engagez pas dans les affaires de vos supérieurs. » I. xxi, II.

^îè «™eCmémemdTÏÏ,Règ'e de saint Benoît : « Mox ut

aliquid mrpemum a majore fuerlt, ac si divmitus .mperetur. »

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