LIVRE TROISIÈME. j
« Benoît ne veut pas que ses Religieux se bornent au travail intérieur, à l'action de l'âme sur elle-même • il leur fait une obligation stricte du travail extérieur, manuel ou littéraire. Sans doute, les cénobites primitifs avaient prêché et pratiqué l'obligation du travail, mais nul ne l'avait encore prescrit et réglé avec tant de sévérité et d'attentive sollicitude. » (Montalembert. Moines d'Occident, in-8° tom II P- 49-)
Voici les principales prescriptions du Fondateur des Ordres monastiques d'Occident sur le travail des mains • « Quand le travail sera distribué par l'Abbé, les moines l'accepteront avec soumission. » (Cap. xlviii.) « Si ce travail leur semble trop rude et au-dessus de leurs forces, ils ne demanderont point d'en être exemptés ; mais ils représenteront en toute humilité au Supérieur les causes de leurs difficultés » (Ibidem.) « Non afin qu'il les décharge entièrement mais afin qu'il leur en assigne un plus modéré, et plus proportionné à leurs forces, s'il le juge à propos. » (Ibidem )
— « Maissi,nonobstantleurs remontrances, il persiste à leur faire faire le premier travail, ils s'y soumettront avec allégresse, et dans une sainte confiance que Dieu leur donnera des forces pour s'en bien acquitter. » (Cap. lui ) — « ns choisiront même, s'il est en leur liberté, ce qu'il y aura de plus ab)ect et de plus fatigant dans le travail, laissant aux autres ce qui sera le plus doux et le plus facile. » (Cap. lxxii )
— « Ils s'y porteront par un esprit de pauvreté, puisqu'ils ne seront ,amais plus moines, que quand ils vivront du travail de leurs mains, comme les Apôtres et les Pères du désert » (Cap. xlviii.) — « Us auront une sainte émulation à qui s y trouvera des premiers. » (Cap. v.) « Us emploieront leurs forces de telle manière, qu'ils en réserveront encore pour les autres exercices. » (Cap. xlviii.) « Hs conser.
veront avec soin les outils dont ils se servent comme de meubles consacrés au service de Dieu. » (Cap. xxxn.) Et le travail fini, ils les nettoieront en esprit de rehgion, les regardant comme les vases sacrés de l'autel, et les serreront ensuite au lieu destiné pour cela.
Il faut s'appliquer aux exercices corporels avec discernement, dit notre auteur. Déjà la Règle de saint Benoit av.a.t dit • « Qu'on fixe aux Frères délicats ou malades, tel travail ou occupation, qu'ils n'en soient pas écrasés et éloignés sans néanmoins qu'ils restent dans 1 oisiveté. Leur Esse devra être considérée par l'Abbé. » (Cap. xlv.ii. Ibid. 27. La Règle de saint Benoit (cap. xi et xiv) recommande particulièrement de célébrer le retour des fêtes par un redoublement de ferveur. L'I. C. fait, elle aussi, du Lour des fêtes, comme un pivot du ™f ^ /^ dévotion. Il faut se fixer une échéance : celle de la ete prochaine et s'y préparer, comme si elle devait être le terme de la £ La préparation à la bonne mort doit être notre occupation de fête à fête. Ce doit être notre exerc.ce de piété permanent ; mais, pour ne pas tomber dans la ^routine il importe de renouveler les autres pratiques de devoion Ces' ainsi que notre auteur nous donne un exemple de la manière dont il entend les dévotions particulières.
Chap xx, 18. Saint Benoît dit au premier chapitre de sa Rèale : « H y a quatre sortes de Moines. La prem.ere est des Cénobites, qui demeurent dans les monastères, et qui vent sous uneRègle ou sous un Abbé. La secor i e es, clés Anachorètes ou des Ermites, qui se sentent assez forts et assez aguerris pour passer, de cette milice générale de la communauté, dans le désert. »
Le troisième genre de Moines, a,oute la Règle, est celui