LIVRE I ROISIÈME. j
mendement et de la correction sont exactement de même nature dans l'un et l'autre texte.
— Les belles règles de la sobriété bénédictine sont célèbres. Il en est question aux chapitres xxxixe et lxc de la Règle. I/L C en formule excellemment le caractère général au chapitre xxn, 9, du livre Ier : « Non est hominis félicitas habere temporalia ad abundantiam, sed suffkit ei mediocritas. »
— Nulle part le pieux livre n'enseigne qu'il faut observer la solitude et le silence d'une manière absolue. Le Religieux de FI. C. n'est pas séquestré de la vie sociale, il est même impliqué dans les affaires séculières et mêlé à la vie des grands, puisque notre auteur cherche à le prémunir contre un trop grand contact avec le monde : « Voyez rarement les jeunes gens et les gens du monde. Ne flattez point les riches, et n'aimez point à paraître devant les grands. » I. vin, r. — « Ni n'attirez à vous les affaires d'autrui, ni ne vous engagez pas dans celles des grands. » I. xxi, 3. — L'L C. ne fait en cela que se montrer fidèle aux exemples et aux conseils de saint Benoît.
« Il est constant, ditDomMége, qu'on peut sortir pour les affaires du monastère sans violer le vœu de stabilité : puisque saint Benoît lui-même, dans trois chapitres difïérens de la Règle, parle des frères qui sont absens... Ils peuvent sortir pour travailler au salut du prochain. Le saint Patriarche lui-même nous en a donné des exemples, que nos plus saints et plus célèbres Bénédictins ont glorieusement imités. Il a prêché, dit saint Grégoire, et converti un très grand nombre d'idolâtres à la véritable Religion. Il a envoyé ses disciples prêcher et exhorter de saintes Vierges, et il ne faut pas douter qu'il ne les ait aussi envoyés pour répandre la parole divine dans tous les lieux circonvoisins,
T-,g LA DOCTRINE DU LIVRE DE. I. C.
et pour cultiver une semence sainte, qu'il avait semée le premier avec tant de succès... Ils peuvent sortir pour la propagation de l'Ordre, pour établir l'Institut en d'autres lieux, ou%our remettre dans son premier état l'observance religieuse. » (Commentaire, p. 681).
Laissons les points secondaires pour nous attacher aux
principaux. .
L'esprit bénédictin se. résume dans les vœux professionnels de stabilité, de conversion des mœurs, d'obéissance.
Voyez quelle importance l'I. C. accorde à l'observance de ces trois points !
Stabilité. — « Le vœu de stabilité imposé par saint Benoît et qu'aucune Règle antérieure n'avait prescrit, fut une innovation aussi heureuse que féconde, et devint l'une des principales garanties d'avenir et de force pour la vie cénobitique. » (Montalembert. Moines d'Occident, in-8°, tom. II, p. 62.) Notre auteur dit : « Tu peux courir : que ce soit ici ou là, tu ne trouveras de quiétude que dans l'humble sujétion sous le gouvernement d'un Supérieur. — L'idée qu'on se fait des lieux et le changement en ont trompé beaucoup. » l IXj 4, 5. — « Ceci est dit spécialement pour les Religieux : 'la tentation de changer de lieu jette dans des pièges, quand on y succombe, et il faut lui résister avec courage, si on ne veut être trompé. » (Le Masson.)
Ceci est dit plus spécialement pour les Religieux qui suivent la Règle de saint Benoît. Leur formule de profession consiste à promettre la stabilité, la conversion des mœurs, et l'obéissance, dans un monastère désigné. Notre auteur donne ici quelques conseils que les commentateurs de la Règle de saint Benoît rapportent à, stabilitas, remissio, reditus ad seculum, transitus a monasterio in monasterium, vagus discursus.