‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 79 sur 336 · LIVRE TROISIEME. r 3 c · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME. r 3 c

Rien ne serait plus facile que de faire un commentaire de la stabilité, telle qu'elle est comprise dans la Règle de saint Benoît, au moyen des paroles mêmes de 11. C. Les textes de notre pieux livre trouveraient eux-mêmes un éclaircissement naturel dans les commentaires de la Règle, en particulier, dans celui de Dom Mége.

Conversion des mœurs. — La conversion des mœurs est une expression qui, entendue en un certain sens, est toute bénédictine : « Celui qui doit être admis au nombre des moines, dit saint Benoît, doit promettre la stabilité, la conversion des mœurs, et l'obéissance devant Dieu et ses Saints. » (Règle, chap. lviii.) Qu'entendre par la conversion des mœurs? L'auteur du traité ce De Professione Monachorum », où se trouve exposé le sens le plus pur de la Règle bénédictine, s'exprime ainsi : « Après la stabilité, il no&us faut parler de la vraie conversion des mœurs qui est mise en second lieu dans la formule de profession des moines. Le moine prévarique contre cette partie de la profession, lorsqu'il vit dans le cloître selon le siècle et non selon la Règle. Il ne suffit pas au moine d'avoir changé de place, d'avoir revêtu un habit de peu de valeur, de porter la tonsure large au haut de la tête : il faut que tout cela soit accompagné de la conversion des mœurs, car tout cela est l'ombre et non la vérité de la vie Religieuse... Or, la conversion des mœurs, pour être parfaite, doit s'opérer dehors et dedans (interius et exterius).

< Au dedans, elle doit porter sur deux points, sur l'intelligence et sur l'affection. i° L'intelligence doit repousser les mauvaises pensées. 2» Quant à l'affection, il faut que la conversion des mœurs s'accomplisse de telle sorte, que le moine prenne sa part des maux qui sont si abondants en

ce monde, et qu'il ne soit pas souillé de l'amour des biens

terrestres. . ,

« Au dehors, celui qui veut travaille à la conversion de ses mœurs ; il lui faut surtout veiller sur ses discours, puis, modérer ses mouvements et son attitude, de telle manière, que la démarche et les gestes ne soient pour personne un sujet de scandale, qu'ils soient, au contraire, un sujet d edification ; enfin, il lui faut se livrer entièrement a 1 exercice des bonnes œuvres. »

La conversion des mœurs, dans la langue bénédictine, est donc le passage de la vie du monde à la vie Religieuse, de la vie du siècle à la vie de la Règle, de la vie séculière à la vie régulière, de la vie terrestre à la vie pour Dieu.

C'est bien en ce sens que notre auteur entend les termes, conversion des mœurs : puriores in initio conversion* nostr* I xi 16 ; quidam in principio conversioms suœ. I xni 25 ; quasi hodie primum ad convers.onem vemssemus. î. xix, 3 ; si in principio conversioms tue. I. xx 27 , multi annos computant conversioms. I. xxiii, 13. ™ tous ces passages, et ce sont les seuls où le mot convers.o est employé, îl est question de la conversion bénédictine, ? st-T-dire, du passage de la vie du siècle à la vie pour Dieu selon la Règle de saint Benoît. Et cette conversion Ï entendue en l sens, que le moine Bénédktin s ob ige à travailler sans cesse, depuis le premier jour de sa profession, jusqu'au dernier de sa vie, à corriger ses défauts, pou acquérir une perfection plus grande. L'I. C. repose tout entière sur cette manière d'entendre la conversion.

Obéissance. - « Plusieurs obéissent par nécessité plus. que par charité, et ceux-là ont de la peine, et ils murmurent aisément; aussi n'acquerront-ils pas la liberté d esprit a

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