‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 8 sur 336 · LIVRE PREMIER. I I · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. I I

en ces matières avaient toujours quelque chose d'odieux ; que le livre de 11. C. avait en quelque sens de grands avantages sur le « Combat » ; mais que le « Combat » aussi avait quelques avantages sur II. C, entre lesquels il prisait ceuxci : l'ordre, et de ce qu'il s'enfonce plus avant, et va dans les racines des sujets. Il conclut par ce saint mot : Que, pour bien faire, il fallait lire l'un, et n'omettre point l'autre : ils sont si briefs tous deux, que leur lecture ne nous peut mettre en de grands frais. » (Camus. Esprit de saint François de Sales, part. XIV, sect. 15.)

Comme ce jugement et cette préférence correspondent au génie de saint François de Sales! Elle n'avait pas besoin, cette âme embrasée d'amour divin, d'aller à la recherche des élans affectueux et des expressions ardentes1. Si riche de son propre fonds, qu'avait-elle à emprunter ailleurs? Le grand Saint était de cette classe d'affectifs, qui veulent raisonner et systématiser leurs sentiments. De plus, sa mission de directeur des âmes lui rendait nécessaires les formules précises et bien ordonnées. De là, son attrait pour le didactique « Combat spirituel ». Mais, la masse des chrétiens ayant surtout besoin d'être enlevée vers Dieu, il n'est pas étonnant qu'on préfère, généralement, le coup d'aile de 11. C. à la prudente, mais quelquefois pesante progression du « Combat spirituel ».

1 (Barbier. Dissert., p. 202.) Pour rendre un plein hommage à la vérité, il fallait dire que saint François de Sales portait toujours sur lui l'I. C. et le « Combat spirituel », reliés ensemble. V. le Recueil de Pièces curieuses, La Haye,Moëtjens, i6o5, petit in-12, tom. IV, p. 52.

Nous avons entendu faire une remarque : c'est que, dans ses Œuvres, saint François de Sales, non seulement n'a pas cité, mais n'a même pas parlé une seule fois de l'I. C.

Nous ne connaissons pas, en effet, de texte de l'I. C. cité par le saint Evoque de Genève. Mais l'I. C. est recommandée sous la désignation de, le Gerson.

Dans son édition de 1' « Internelle consolation », Lenglet du Fresnoy (Avertiss., p. vi) a dit avec un charme de langage qui lui est peu ordinaire :

« Il est difficile de remarquer quelque méthode humaine ou étudiée dans cet ouvrage. Il parle plutôt par sentiment, que par raisonnement : c'est en quoi il approche le plus des auteurs qui nous ont donné les divers livres de l'Ecriture sainte, et qu'il ressemble aux plus spirituels d'entre les saints Pères. Il traite souvent les mêmes matières en divers endroits ; il reprend ce qu'il avait touché auparavant; il renouvelle les mêmes préceptes ; il parle indifféremment tantôt aux gens du monde, et tantôt aux Religieux ; et il le fait d'une manière si libre, si vive, si édifiante que tout est saint, tout est agréable, et toujours nouveau dans sa bouche. Les gens du monde sont touchés de ce qu'il dit aux Religieux, et les Religieux, de ce qu'il dit aux gens du monde : ainsi il paraît que ce n'est pas tant lui qui parle de Dieu, que Dieu même qui parle par lui, n'y ayant que cet Esprit souverain et incompréhensible, qui puisse diversifier de la sorte ses lumières, ses opérations et ses mouvements, en les proportionnant aux divers goûts et aux différentes dispositions des âmes. »

Nous citerons encore la page suivante, où l'un des hommes qui ont le plus étudié 11. C, a résumé sa pensée sur la disposition du pieux livre :

« Depuis longtemps, tout en méditant avec délices le petit livre qui nous occupe, nous voyions avec peine que les matières y fussent traitées sans ordre, qu'elles manquassent d'un arrangement qui les mît en relief, les groupât suivant leur rapport de similitude, et les disposât graduellement, selon les besoins de l'âme et la vraie méthode de la théologie mystique. Plus nous goûtions de bonheur à l'é-

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