LIVRE PREMIER
tudc de ce livre vraiment céleste, et plus nous gémissions de voir les mêmes sujets traités à plusieurs reprises, jetés çàet là au hasard, diminuant ainsi leur lumière, en la dispersant de tous côtés sans ordre. Les chapitres de l'I. C. nous semblaient autant de pierres précieuses, admirablement travaillées, mais qui n'ont pas été enchâssées dans la place qui doit surtout les faire briller. Que pourrions-nous dire encore ? L'I. C. nous semblait un riche banquet ; chaque mets était parfaitement apprêté ; mais il n'était pas placé dans la symétrie qui doit flatter à la fois l'œil et contenter le
goût.
« Si l'on doutait de ces assertions, on n'aurait qu'à choisir un sujet quelconque traité dans PL C. Que l'on prenne, par exemple, l'illumination de l'intelligence, et l'on verra, non sans étonnement, que les chapitres qui développent cette matière sont semés dans le premier livre et le troisième. Dans le premier livre, les chapitres 1, m, v s'en occupent ; dans le troisième livre, les quatre premiers chapitres, le xxme et le XLine. Si l'on regarde de plus près encore, on verra que ces chapitres, dispersés de la sorte, ne sont pas même ordonnés entre eux : c'est le pur hasard qui a fixé leur place, et presque toujours elle doit être changée, si l'on veut que la matière soit traitée convenablement. Quant à la division des livres, si l'on excepte le quatrième, qui se rapporte tout entier à la sainte Eucharistie, cette division paraît absolument arbitraire et ne peut être justifiée par aucune raison. » (Introd. de M. Chantôme à la trad. de PL C,
Nous irons même plus loin.
Bien certainement l'auteur de l'I. C. n'a pas eu davantage l'intention de suivre un plan, dans la composition des chapitres, que dans la composition des livres.
j. LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.
Il est vrai qu'en certaines circonstances, "la pensée, se déroulant naturellement, a constitué un ordre régulier . Prenons pour exemple le chapitre xx du livre II : « De la reconnaissance pour les grâces de Dieu. »
L'auteur commence par établir que l'homme est né pour la peine. Néanmoins, à côté de ses peines, 1 nomme peut trouver des consolations spirituelles, qui passent de beaucoup toutes les délices du monde. Or, il y a deux obstacles aux consolations spirituelles : la fausse liberté d'esprit et une grande confiance en soi-même. Si nous voulons avoir les consolations spirituelles, il nous faut donc, à la fausse liberté d'esprit, opposer la reconnaissance envers Dieu, de qui découle tout bienfait; à la confiance en nous-mêmes, l'humilité, car Dieu ôte à l'orgueilleux ce qu'il a coutume d'accorder à l'humble.
Nous ne disons pas que ces idées soient exposées, dans le chapitre, d'après un ordre absolument rigoureux. Non : l'auteur du pieux livre n'est jamais complètement didactique. Il a le génie libre. Il est primesautier. La doctrine, jamais outragée ni absente, ne laisse pas apercevoir volontiers sa trame dans le mouvement du style. Il est arrivé autrement dans le chapitre que nous venons d'analyser. Mais ne prenons point l'exception pour la règle. En réalité, il n'est pas de livre plus difficile, soit à synthétiser, soit à analyser, que 1*1. C. Le fil conducteur fait presque partout défaut. Aussi, ne faut-il pas s'étonner que l'on se soit appliqué souvent à donner à 11. C. un ordre qui n'est pas dans le livre lui-même.
peritia. — C'est le P. Sommalius qui, le premier, a inséré dans les diverses éditions de 11. C, qu'il a publiées à partir de l'année 1599, l'opuscule intitulé ; « Peritia libelli