LIVRE TROISIÈME. jja
la première moitié du xme siècle. Or, à ce moment, il n'y avait en Italie que les Bénédictins qui pouvaient parler de leur antiquité. Le bénédictin de l'I. C, en faisant allusion à la, Régula Magistri, ne peut donc que signaler la Règle de saint Benoît1.
(Valart. Dissert., p. 430.) L'auteur parle ici d'un temps déjà éloigné, et alors il n'y avait point d'autre Règle que celle de saint Benoit. Les Chartreux et les Cisterciens&étaient encore dans leur première ferveur, et ne connaissaient les uns et les autres d'autre Règle que celle de saint Benoît. Les Prémontrés n'étaient point connus en Italie, où vivait notre saint Abbé; d'ailleurs, ils ne faisaient guère que de commencer. Pour les Ordres de saint Dominique et de saint François, ils étaient dans la première ferveur ; et en ce passage, il s'agit d'un Ordre ancien, et qui était déjà considérablement déchu.
Quand il s'agit de la Règle de saint Benoît, l'expression qui se présente naturellement est celle de, Régula Magistri. Les mots de, magisterium, et de, magister, ont été employés dès l'origine.
Saint Grégoire dit : « Cujus si quis subtilius vellet mo-
* Nous n'avons pas pensé que, Magistri, fût dit là d
ayons donc traduit : « Quel respect, quelle obéissance
(Gence.)
IW JE? q^Ue Si,monnot et Gence ne tiennent pas compte de 1 hypothèse dans laquelle se place Valart. P
res vitamque cognoscere, potest in eadem institutione Reauhe, omnes magisterii illius actus invenire : quia sanctus vir nullo modo potuit aliter docere quam vivere. » (Dialog.,
liv. II, cap. xxxvi.) m a
L'abbé Simplicius, en publiant la Règle de saint Benoit, se sert de l'expression de, magister, en parlant de saint Benoît :
Hoc Benedictus Pater construit sacrum volumen ; Suisque mandavit haec servanda alumnis.
Simplicius famulus Christique minister Magistri latens opus propagavit in omnes.
En parlant de cette publication, Pierre le Diacre conserve les expressions de Simplicius : « Simplicius ■ sanctissimi Benedicti discipulus, ac post eum tertius in Casino Abbas effectus Regulam quam suus magister condiderat, publice legendam omnibus monachis tradidit. » (De vins illustr.
Casin., cap. v.)
A ces traits et à plusieurs autres que nous écartons , pour ne pas trop étendre nos recherches, il nous semble qu'on peut reconnaître l'esprit bénédictin et la noblesse de cette race merveilleuse de moines, véritable aristocratie, haute ima-e d'une féodalité sacrée2, qui, sous la direction immédiate du Souverain Pontife, substituèrent quelquefois leur action énergique à celle de la hiérarchie séculière, trop sou-
i Voir dans Valgr. (Argum. chronol., p. 19), la comparaison entre plusieurs passages d"e la Règle de saint Benoit, et de II. C. " a C'est le grand législateur de l'Ordre monastique en Occident c'est sain Benoît lui-même, qui a inauguré dans son , cloître oiLnt l'alliance des races aristocratiques avec 1 Ordre benedfctfr allianc "dont on a à citer tant de généreux et féconds 2l ca en domptant l'orgueil de la force et de la rîSonneJo pas qu'il ait étouffé chez sa postérité la juste fiP deï'âme du caractère. Dieu est avec les simples et les humbles Tn'est ni avec les lâches ni avec les imbéciles. » (Zntalembert. Moines d'Occident, tom. II, p. 26.)