‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 85 sur 336 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

'53 de l'ascétisme, composée par le P. Saint-Jure, sous le titre ■ « De la connaissance et de l'amour de N.-S. J.-C , » se chercherait en vain dans nos auteurs classiques de théologie. Il est vrai que, de son côté, le P. Saint-Jure ne se préoccupe pas des controverses contre les erreurs des incrédules et des hérétiques. Il se borne à mentionner, comme acquises, les vérités religieuses. La séparation s'est effectuée mais non l'indépendance. L'ascétique chrétienne est subordonnée au dogme et à la morale, mais subsiste à part. La théologie dogmatique et morale reste le régulateur de 1 ascétique. Cette dernière science doit concorder de tout point avec la doctrine des écoles sacrées. Ses idées et ses pratiques doivent se réduire au système adopté par les Docteurs. Il ne possède pas la connaissance approfondie de i ascétique, celui qui ne sait pas en faire rentrer les diverses parties dans le cadre du dogme et de la morale. Si elle doit être ramenée exactement à la théologie dogmatique et morale, mère et maîtresse des sciences sacrées, il n'en est pas moins vrai que l'ascétique subsiste à part, et marche de son propre pas.

Un autre caractère de l'ascétique, c'est qu'elle est pratique et expérimentale.

On pourrait comparer Jésus-Christ à un grand médecin des âmes qui s'est contenté de laisser à ses disciples les formules de 1 art de guérir les maladies morales, sans se préoccuper de leur donner la théorie des remèdes indiqués

Les ascètes ont suivi l'exemple du Maître divin Ils se sont plus préoccupés des faits, des résultats, de l'expérimentation, que d'expliquer les phénomènes, que de rechercher les causes, que de systématiser les connaissances.

Assurément, ils ne manquent pas dans l'Église, les théoriciens qui ont cherché à établir la science de l'ascétique.

Saint Augustin a projeté sur ce sujet les illuminations d'un g i , quï a tout pressenti des choses de la théologu : S* Thomas a synthétisé dans son pmssant système ton es es données ascétiques, et leur a donné leur rang dans la hiémrrhie de la science sacrée.

" Maigri ces illustres -emples, rascé^ue a préféré rester un art plutôt qu'une science . Les grands Fondateur d Ordres religieux, les Saints illustres, se sont plus attaches a prauouer, qu'à spéculer. Leurs enseignements sont sobres de théories idéales. Ils sont pleins d'observations, d expenences,

d'a£e°ÏÏu,Christ, ils se sont plus attachés à améliorer les âmes, qu'à donner les raisons des maladies à igotar, qu'à faire ressortir pourquoi les remèdes ont de 1 effica te q Ils ont imité les praticiens qui, au heu de reche cher s. la quinine guérit la fièvre, et pourquoi, travaillent a élaborer avec foin la substance précieuse, à lu. conserver sa pureté, à l'appliquer avec discernement.

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