LIVRE QUATRIÈME. T
plet de soi-même, Thauler a posé des principes et des pratiques de son ascétique.
^ Le sage Lansperge reproduit dans les termes suivants l'enseignement universel de la spiritualité chrétienne : « La sagesse consiste à connaître Dieu et à le contempler, à mourir à soi et à toutes choses, pour n'être uni qu'à lui et ne vivre qu'en lui. Cela se fait, lorsque l'esprit de l'homme, par un généreux mépris qu'il fait de toutes choses, s'élève au-dessus de tout, et que, renonçant à toutes les créatures qui lui pourraient servir d'empêchement, il ne se soucie de jouir que de Dieu, s'unit par amour à lui, et ne songe qu'à lin plaire. C'est pourquoi cette union ne peut s'obtenir, qu'on n'ait auparavant déraciné tous les vices, planté les vertus à leur place, et apaisé le tumulte des passions, qui trouble la vue intérieure et ne permet pas à l'âme de pouvoir regarder Dieu. Car, comme Dieu est un esprit très pur, il ne peut aussi être vu ou contemplé que par les âmes pures. Mais, quand le cœur est épuré de ses vices, il n'a point de peine à s'élever en Dieu comme à sa vraie origine ; et il lui est aussi naturel de se porter vers son Créateur, comme il est naturel à la flamme de s'élever en haut. » (Lansperge. La Milice chrétienne, in-12, 1670, p. 262.)
Écoutons, enfin, un homme, d'un génie souvent obscur, mais quelquefois profond *. Gorres a supérieurement exposé une théorie de l'ascétique.
1 Gorres, dans son ouvrage sur la « Mystique », a, sans doute accorde une influence trop grande à l'ascétisme. Néanmoins les idées du savant allemand ne méritent pas le dédain. En voici 1 enchaînement :
m,L! P°,in\de déPart de ascète, quel est-il ? La conversion ou, en d autres termes, le concours de la vocation divine et du Don propos humain.
Quand l'homme veut, avec le concours de la grâce, répondre
g LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.
« Lorsque Dieu, voulant appeler un homme à la vie mystique, le trouve dans l'état de péché, il faut d abord qu il le change, qu'il le réforme, qu'il le convertisse, en un mot. Or nous ne comprenons pas assez ordinairement la force et l'étendue de ce mot. Se convertir, c'est tourner le dos aux choses que l'on avait regardées, et regarder celles auxquelles on avait tourné le dos. L'homme doit donc commencer par tendre en haut, afin de s'élever peu à peu vers Dieu dans la liberté de l'amour, au lieu de tendre en bas et de descendre vers l'abîme, comme il le faisait auparavant. Les rapports qui existent entre lui et la nature, soit dans son être, soit au dehors, doivent être complètement chancres ' c'est en quelque sorte une nouvelle existence qui commence pour lui. Sa position, la direction habituelle de ses pensées et de ses désirs, tout doit être nouveau. Pour ac-
au bienfait de la conversion par un effort constant et résolu, que
Sabord' purifier en lui la vie intérieure, la nutrition et la • ?;«n r,r l'abstinence de la nourriture et du sommeil. 11 en S -ainsi" à ira ° mer fe système qui sert à l'assimilauon, fa vi/des oreanes de la respiration, à modifier les systèmes ner- ' eux efvascuîaife (odeur le sainteté, huile mystique, souplesse
" Ensuite '" homTe'^olf purifier la vie moyenne, c'est-à-dire i. TinHinations bar la mortification (intérieure et extérieure) et n.r ? f èharUé II en arrive ainsi à modifier, les organes du mou- ^mènt à changer "es puissances affectives de l'âme (,ubilat,on my tique! don de larmes), à élever les fonctions des sens.
On, l'homme doit purifier la vie supérieure,. Ç «t-a-dire, l'iniell iaence par le recueillement et la contemplation. De la tôuîe une séîie de manifestations extraordinaires dans tous les
'TeUst en" mots, le résumé du. système de Gorres su l'influence de l'ascétisme. Les conclusions sont conte tabe, nous n'en disconvenons pas, et les développements sont quelque o"s peu scientifiques.^ Mais la conception est vigoureuse et f^™ paraît Das mériter le reproche que lui adresse M. 1 abbe Wb?t (La MyPs?iq^e divine.p. 3,), de^ne reposer que sur une psychologie vague et fantaisiste.