LIVRE QU \ 1 RIÉME. r rQ
quérir ainsi un nouvel être, il doit, pour ainsi dire, changer e centre de gravité de sa vie tout entière. Son amour, au heu de se porter vers les choses extérieures et visibles doit tendre vers Dieu, et il doit se faire, comme une nou'velle patrie, parmi le monde des esprits célestes. » (Gorres Mystique, tom. I, p. 193.)
L'auteur de 11. G. n'a eu garde de chercher une voie différente de celle que les grands spirituels ont adoptée. Sa morale est celle de l'Eglise, mais il a son ascétisme particulier. C'est celui de la liberté de l'âme.
Quand nous parlons d'un ascétisme particulier à notre auteur on n'imaginera pas qu'il se soit appliqué à introduire dans la religion des idées nouvelles. Dans l'Église il n'y a qu'une vérité, et il n'y a qu'une ascétique. Mais si' le fond de l'ascétique est et doit être toujours le même, la forme peut en varier suivant les hommes, les lieux, et'les moments. Il y a divers esprits ascétiques. L'ascétisme de saint François d'Assise n'est pas celui de saint Ignace de Loyola. L'ascétisme de saint Benoit diffère de celui de saint François de Sales. C'est en ce sens qu'il est permis de dire, que notre auteur a un ascétisme particulier.
L'ascétique chrétienne est un ensemble si puissamment relie, qu'il est indifférent de le saisir d'ici ou de là, comme une chaîne en fer, dont les anneaux sont si solidement rives entre eux, qu'il est permis de l'entraîner par le milieu aussi bien que par les extrémités.
Il n'y a donc pas lieu de s'étonner que l'ascétique chrétienne présente des procédés variés.
On dira peut-être qu'il est singulier que ce qui nous touche le plus près, la science morale, ne soit pas soumise a une méthode qui s'impose. Nous ne parlons pas, bien entendu, des morales séparées et indépendantes. Elles ne
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peuvent être uniformes, puisqu'elles sont contradictoires les
^Maïï'théologte orthodoxe, il y a encore des théories imparfaites et confuses sur des points quelquefois import n s. Les faits, dans la morale de l'Eglise imposent 5 s les moindres détails. Les systèmes de coordination intellectuelle n'ont pas toujours une autorité scientifique
Prenonspour exemple le classement des habitudes louables du chrétien, c'est-à-dire, des vertus.
Nous savons, à n'en pas douter, quelles sont ta venus que nous avons à pratiquer. Mais sur quoi repose leur -te ribution en quatre vertus cardinales? Cet ordre est arbi traire ne reposant sur aucune base nécessaire La pru dence' est la vertu de l'intelligence. La force ne s applique qu'une des passions de la sensibilité, la craint. La justice oncerne les rapports avec le prochain. 0 uant la tempe rince elle n'ordonne que deux sens exteneuis . le goût L tact Où est la raison solide sur laquelle repose le système? Nous ne voyons qu'une simple juxtaposttron
H y a moins encore de préoccupation rationnelle dans la division adoptée par les théologiens modernes, qm se bornent à expliquer les commandements de Dieu, de l Eglise, et les péchés capitaux.
Sans doute, toute la morale est contenue **»«**£ vision. Mais elle y est à l'état empirique, et non a 1 état
" Sàtnce de préoccupation scientifique dans certaines questions morales et ascétiques provient du caractère même
deL'°asSlsme étant surtout une hygiène et une thérapeutique, il est naturel que l'ascète s'attache de préférence au côté expérimental, et néglige volontiers les considérations