LIVRE QUATRIÈME
temporels. Ce dépouillement produit l'humilité. De l'humilité vient la mortification des volontés, qui sert à déraciner et â faire mourir tous les vices; ensuite naissent l'es vertus, qui, en fructifiant, nous acquièrent la pureté de cœur, qui nous met en possession de la perfection de la chanté apostolique. >» (Cassien. Instit. monas liv IV chap. xliii.)
L'auteur du traité « de Profectu Religiosorum », compris parmi les œuvres de saint Bonaventure, donne, de son cote, les règles ascétiques qui suivent : « Pour obtenir la santé de 1 âme, voici les exercices connus de la vie spirituelle qu'il est utile de pratiquer : 1» l'homme doit s'exercer a se montrer courageux et empressé à entreprendre le bien; 2° .1 doit être empressé à s'éloigner du mal- 3» il doit s'appliquer à conserver toujours la paix avec tous les nommes; 4» il doit user avec le plus de modération possible des choses de ce monde; 5° il doit s'humilier intérieurement et extérieurement; 6° il doit s'appliquer à la maturité et à la gravité d'attitude ; 7° il doit avoir en tout temps son âme élevée à Dieu par la prière. »
C'est ainsi que chaque maître de la vie spirituelle groupe son ascétisme autour de quelques points essentiels dont la nécessite frappe plus vivement son esprit. Les moralistes ne se préoccupent pas de poursuivre les classements scientihques. fcst-ce que Moïse, dans le décalogue, s'est préoccupé ûe suivre un ordre logique ?
Quanta l'auteur de l'I. C, il ordonne son système ascétique autour de ces deux vertus dont la réalisation constitue ce qu il appelle la liberté de l'âme : t° la simplicité d'intention; 2" la pureté d'affection.
l6, LA DOCTRINE DU LIVRE DE I. C.
L'ASCÉTiaUE DE l'i. C. OU LA LIBERTÉ D'AME.
Les mots, liber, libère, liberare, libertas', ont quelquefois dans lî. C. l'acception d'exempt, dégagé d entraves, débarrassé indépendant. C'est l'acception commune.
Les thïôlogiens entendent le mot de liberté en pleurs cens II v en a deux principaux.
"o H y a la liberté ou l'exemption de la violence, c est-adire, de tout acte de force imposé par une puissance exte-
riTll v a la liberté ou l'exemption de la nécessité, quand on agit indépendamment de toute nécessité de nature mats dans la pleine possession de son arbitre, avec faculté d agn ou de ne pas agir, indifféremment
Ce n'est pas ainsi que le mot de liberté est pris dans IL C.
i Ne liberum accessum habeam ad te. III. «,, ,o; liberum tunP possis libère ad Chnstum perge r J.*x„, 33 ,J ^
v nislbd.,'6; libère mecum ambulare. III. « .'9-
"'de quant'o periculo potens Uberare ™0 o .ag^. ^ n
valeas liberan. I. f ^J^V^fibid., 6 ; humilem Deus pro-
"' 5 ; at^mn,' MA c ?• remedfc vel olàtio' liberari. II. »., »o; tegit et libérât Ibid., o , remea'° g. ; veritas te iiberavent. 111.
salvum faciat. IV. iv, 22. . fi
née propria vult Iibertate fungi. III. liv, b.