‹ La Doctrine du livre de Imitatione ChristiChapitre 94 sur 336 · LIVRE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME

Il faut remarquer que, par elles-mêmes, les inclinations sont une matière indifférente. L'inclination au boire et m manger, par exemple, est un simple appétit corporel, qui de so. na aucun caractère moral ou immoral. Il est plus ou moins intense, suivant les circonstances. Il n'est pas olus ou moins blâmable. II en est de même de toutes le in' nations. L u

Ce n'est pas sur le besoin, pris en lui-même, que peut porter la louange ou le blâme, mais sur les modes de cette .ncI.nat.on, modes que l'on désigne sous le nom de passions ce dermer terme étant pris dans son sens non moral, mai purement psychologique.

Les passions, au nombre de onze, sont les modes de Mutes les inclinations en particulier, et en constituent Télément a moraliser.

Ce sont les passions qui sont, en effet, en toute inclinaon, le point a discipliner. L'inclination, dans sa matière est indifférente : elle est â réglementer dans les passions qui en sont la forme. passions

« Les passions non disciplinées, dit Alvarez de Paz sont comme des bêtes cruelles qui me déchirent le cœur C sont des vents tempétueux qui agitent de çâ et de là la nacelle de mon âme. Ce sont des chevaux indomptés qu me portent vers un précipice. » 4

Pourquoi ? Parce qu'elles entraînent fatalement au mal qu. fait le ma heur de l'homme en cette vie et en l'autre'

^ est une bien fausse conception que celle de la bonté na ur cl e es passions Ni la théologie', ni ,a saine h ! Ph.e, m 1 histoire, m l'expérience de tous les jours ne per-

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ç?.mme naît bon> la société le déprave.

ou'une „ r'1 °nne 'l ,nmPU,sion d« Posions, l'homme n'est qu une bete fauve, plus dangereuse que toute autre

LA DOCTRINE DU LIVIiE DE. I. O.

Les anciens ont comparé l'homme a un champ. S'il n'est pas défriché et cultivé, le champ produit toutes sortes de

mauvaises herbes.

« L'homme, dit saint Augustin, vient au monde, avec une si -rande ignorance, et tant de cupidité, que, si on le hissait vivre selon ses instincts, il s'abandonnerait à tous les vices. » (De Civ. Dei, lib. XXII, cap. xxn.)

Voyez, en effet, ce qui arrive dans l'inclination au boire et au manger :

Quand on aime ce qui est mauvais ; Quand on hait ce qui est bon ; Q uand on désire ce qui est défendu ; Quand on fuit ce qu'il faut rechercher; Quand on se réjouit des excès ; Quand on s'attriste de la sobriété; Quand on conçoit de vaines espérances; Quand on désespère de ce que Ton peut atteindre ; Quand on est hardi pour le superflu ; Quand on est craintif ou timide pour le nécessaire; Quand on s'irrite immodérément de ne pouvoir se satisfaire : .

On est induit an mal par le mauvais usage des passions. Il faut donc réduire les passions à une rigoureuse discipline afin que leur jeu désordonné ne soit pas cause de Mauvaise conduite morale, par conséquent., de malheur en cette vie et en l'autre.

Que dis-je? cause. Les passions désordonnées c est le péché même. Non : ce n'est pas l'inclination satisfaite qu. est péché ; ce sont les passions irrégulièrement exc.tees, a l'occasion de cette satisfaction.

Telle est la simplificati n qu'il importe d opérer avant

tout.

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