De gen. c. ManicH., II, 13, P. L., XXXIV, col
2. Ibid., I, t9, col. 187 : « Lîcet enim nobis eam ctiam spiritu aliter accipere, ut in carnalem foecunditatem post peccatum conversa esse credatur. » — Saint Augustin a rétracté cette al'flrmation, en disant que si on ne peut la comprendre que comme une affirmation de la nécessité du péché pour que l'homme devînt père d'enfants, il la désavoue. {Retvactatïonum, I, 9, G. V., xxxvi, 2, p. 48.)
3. Ihicl. — r L'expression filu saeculi hujus est prise ici, comme en bien des passages de saint Augustin, pour désigner l'homme dans l'état où le premier péché l'a placé, — état de mort, de concupiscence déréglée, d'inclination au mal. — Gfr. De nuptUs et concupiscentia, 1, 8, G. V., xLii, 2, p. 220. Cet état de décliéance est désigné aussi par « corps de mort » {corpus mortîs). Gfr. IMcL, 1, p. 212; C. Jul. op. imp., G. V., 16 et 17, P. L., XLV, col. 1449 et 1451; De gen. ad lïtt., IX, 11, G. V., xxviii, \, p. 281; De peccato originali, 38, G. V., xlii, 2, p. 201.
4. De gen. ad lïtt., IX, 3, G. V., xxviii, 1, p. 271 : « Si autem quaeritur, ad quam rem fleri oportuit hoc adjutorium, nihil aliud probabiliter occurrit quam propter filios procreandos, siout adjutorium semini terra e^t, ut virgultum ex utroque nascatur ; hoc enim et in prima rerum
autre ne saurait en fournir une explication satisfaisante.
On prétendra que la femme a été donnée à l'homme pour l'aider à travailler la terre; mais il n'y avait pas encore de travaux qui rendissent nécessaire à l'homme un coopérateur, et s'il avait eu besoin d'en avoir un, un homme, pas une femme, lui aurait beaucoup mieux convenu. On peut en dire autant du besoin de distraction,, si par hasard Adam s'était ennuyé dans sa solitude. En effet, quoi de mieux adapté à la vie commune et à l'échange de leurs pensées^ que deux hommes, deux amis, plutôt qu'un homme et une femme? S'ils devaient vivre ensemble, l'un supérieur et l'autre inférieur, afin que l'opposition des volontés ne troublât pas leur paix, rien ne se serait opposé à ce qu'il en fût ainsi, puisque l'un avait été créé avant l'autre, surtout si le dernier avait été tiré du premier comme ce fut le cas de la femme. Je ne vois donc pas pour quelle fin la femme a été donnée à l'homme comme une aide, sinon pour lui procurer des enfants 1.
Il ne comprend pas non plus pourquoi on supprimerait cette raison de la création de la femme, « quare subtrahatur ignora » ; car, si maintenant la terre est remplie d'êtres humains, il n'en était pas ainsi au commencement, et si aujourd'hui l'acte de la génération ne peut pas se produire ^ans être accompagné des ardeurs de la concupiscence, si les époux commettent des abus blâmables, il en devait être bien autrement chez nos premiers parents avant le péché. D'ailleurs,^ le mal de la concupiscence ne rend pas mauvais le mariage; au contraire, le bien qui résulte du mariage, rend moins mauvais le mal de la concupiscence^.
Ce but de la création de la femme s'impose^ si l'on considère, comme nous l'avons exposé ci-dessus, que la formation de la Cité des élus est une tâche assignée à l'homme,
eonditione dictum erat : masculum et feminam fecit eos et benedîxit eos Deus clicens : creseite et mnttipUcamini et impiété terram et dominamini ei. »
1. De gen. ad litt., IX, 5, C. V., xxvin, 1, p. 273 : « Quapropter non invenio, ad qiiod adjiitorîum facta sit mulier viro, si pariendi causa subtrahitur. »