Ibid., 1, p
et que, pour s'en acquitter, Adam n'a reçu comme auxiliaire qu'Eve, tirée de sa chair. Donc, pour quelle autre fin Dieu a-t-il clierclié à Adam un coopérateur du sexe féminin, si ce n'est pour que la nature de la femme, comme une terre féconde, secondât l'homme dans l'œuvre de la multiplication du genre humain ^ ?
« Lorsqu'on m'interroge sur cette question, — conclut saint Augustin, — il ne se présente à mon esprit, en considérant Jes choses avec toute l'attention dont je suis capable, qu'une seule réponse: la femme a été créée et donnée à l'homme pour la procréation des enfants, pour remplir la terre de la race humaine ~. »
Le saint docteur tire cette conclusion du fait de là création du &exe féminin dans la personne d'Eve, Il n'hésite pas à qualifier d'adversaire de la foi et digne d'être écarté de la société des fidèles quiconque révoque en doute la création de ce sexe, ordonné par sa nature à la génération, même avant le péché, et chez lequel, après la chute originelle, a commencé la propagation du genre humain 3. On comprend sans peine que l'excommunication de saint Augustin n'atteint pas seulement la négation du fait historique de la création de la femme comme un sexe différent du sexe de l'homme, ou la négation de sa maternité; elle atteint aussi la négation du seul but de la création de la femme, qui est la propagation du peuple de Dieu ^.
• Il ne faut pas douter, — continue l'Evêque d'Hippone, — que « croître, se multiplier et remplir la terre » ne soit un don du mariage, que Dieu institua au commencement, en créant l'homme et la femme. « Il les créa mâle et femelle », dit la Genèse (I, 27). Or, bien que l'on puisse donner sans inconvénient à ces mots un sens spirituel, on voit très clai-
1. Ihid., 9, p. 278 : « Propter quid aliud seoundum ipsum quaesitus est femineus sexus adjutor, nisi ut serentem genus hiimaniim natura miiliebris tanquam terrae foecunditas adjuvaret? » — Cf. De nupt. et conc, II, 4, G. V., xLii, 2, p. 264; De pecc. orig., p. 35; IMcL, p. 198.