De adult. conj., I, 9, G. V., xli, 3, p
3. De doctnna christ., III, 26, P. L., XXXIV, col. 79 : « Ubi autem apertius ponuntur, ibi disc^endum est quomodo in loois intelligantur obsouris. »
suggérer. Si celui-ci ne spécifie qu'un point de la question, les deux autres l'ont expliquée tout entière, sans cepeîidant se contredire.
On admettra donc comme une vérité indubitable ce qu'on lit dans saint Mathieu : « Quiconque quitte sa femme, hors le cas de fornication, et en épouse une autre, commet un adultère. » Si quelqu'un demande ensuite s'il faut regarder comme coupable de ce crime tout homme qui renvoie sa fenime, même pour cause de fornication, il trouvera la réponse dans saint Marc : « Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre, commet un adultère » ; et dans saint Luc : « Tout homme qui renvoie sa femme et en épouse une autre, est adultère ^. »
ARTICLE II Étendue de rindissolubilité du mariage.
Le mariage est, jusqu'à un certain point, indissoluble de sa nature. — Le mariage chrétien est absolument indisso-
lubie en vertu du sacramentum. Le divorce n'est ni
licite ni même possible dans le mariage chrétien.
Après avoir dit que seule la mort corporelle peut dissoudre le lien du mariage, il semble qu'on a déjà bien déterminé jusqu'à quel point l'union conjugale est indissoluble. Il faut remarquer cependant que saint Augustin a basé son raisonnement sur les seules données de FEvangile, en exposant la question telle que la doctrine chrétienne la comprend selon la réforme que le Christ y a introduite.
On peut placer la question sur le terrain purement naturel, et se demander quelle indissolubilité saint Augustin attribue au mariage en ne tenant compte que de la nature même de la société conjugale.
Ici, il semble que nous touchons à un autre point, où
1. De adult. conj., I, 11, C. V., xli, 3, p. 359. ,,!,,,,.; 4
l'Evêque d'Hipponse n'est pas arrivé à bien définir sa pensée. Dii moins, il ne nous rexplique pas assez clairement.
Il est hors de doute que saint Augustin ne comprend pas un mariage sans la stabilité du lien, sans une certaine indissolubilité exigée par la nature même du mariage. Il nous en fournit la preuve lorsqu'il exige, pour la validité du contrat conjugal, que les fiancés ne se proposent pas d'éviter la génération par quelque action criminelle, et qu'ils s'engagent pour toute la vie. Sans ces deux conditions, il n'est pas possible de contracter un mariage valide ; « si uel utrumque vel unum horum desit, non invenio quemadmo'. dum has nuptias appeUare possimus ^. »
Il invoque aussi la nécessité de renfermer la concupiscence dans les limites d'un mariage stable, afin qu'on ne cherche pas la vie conjugale pour satisfaire aux exigences de la volupté, mais pour la génération honnête et légitime. Si les conjoints avaient la liberté de dissoudre leur union quand ils voudraient, le mariage deviendrait le foyer de tous les excès honteux suggérés par les caprices de la nature et ne pourrait jamais être considéré comme un remède contre les désirs insatiables de la concupiscence.
Cependant, s'il s'agissait d'un mariage où la génération n'est plus possible, soit à cause de la stérilité- d'un des époux, soit à cause d'une séparation légitime entre eux, saint Augustin ne voit pas que la nature du mariage exige rindissolubilité au point de défendre à ces conjoints de se remarier à d'autres personnes.
En effet, le but du mariage est la génération des enfants; or, s'il n'est pas possible de l'atteindre dans le cas en question, pourquoi ne sera-t-il pas permis aux époux de s'unir en mariage à une autre personne capable de leur donner de la postérité? En outre, la génération est encore le bien naturel le plus noble du mariage, puisqu'elle multiplie le nombre des enfants de Dieu. Pourquoi donc im homme ne pourra-t-il pas quitter sa femme stérile pour en prendre une autre qui l'aide à parvenir à ce bien? Ou pourquoi deux