Ibidem
4. Cf. HiGNAEus, dans les commentaires sur le W Sent, de Duns Scot, dist. 34, q. un. {Opéra omnïa Scoti, éd. Vives, t. XIX, p. 419).
14 LA DOCTIUXE DU MAHIAGE SEL'iN SAINT AUGUSTIN
rement ici la création de deux êtres, différents de sexe, afin que par eux leur race pût se perpétuer. Ce serait une grosse absurdité que de vouloir contester un fait aussi évident 1. Il faut avouer qu'il y a là une affirmation pleinement conforme à la: doctrine catholique et au sens des divines Ecritures 2.
Peut-être, cette doctrine paraîtra-t-elle, au premier abord, trop restreinte pour expliquer la raison de la création de la femme. On pourrait y voir un avilissement de la compagne de l'homme, et un argument favorable à ceux qui la regardent, non pas comme un auxiliaire dans la poursuite de tout ce qui conduit directement ou indirectement à la félicité, mais comme un simple instrument de plaisir, ou comme un agent, dont le rôle ne va pas au delà de la génération physique des enfants.
On se méprendrait bien grossièrement, si l'on bornait à ce point la pensée de saint Augustin. Le souci qu'il a de relever la dignité et les droits de la femme, particulièrement dans la vie conjugale, la place qu'il lui réserve, en tant qu'épouse et mère, dans la conservation de la paix du fover et dans l'éducation morale de la famille, l'honnêteté morale qu'il attribue au mariage et à l'acte conjugal, ne permettent point d'outrer le sens de la doctrine exposée cidessus.
Nous reviendrons plus tard sur ce sujet. Pour le moment, remarquons que saint Augustin dans l'interprétation littérale de la création de la femme, telle que la Genèse nous la rapporte, considère la femme plutôt comme un aide du sexe féminin que comme un être semblable à l'homme. Nous dirons qu'il s'enquiert du but de la création du sexe féminin dans la personne d'Eve, que Dieu a présentée à Adam pour le seconder dans une œuvre à réaliser.
Les quelques passages cités, où saint Augustin expose en
1. De civ. Dei, XIV, 22, C. V., xl, 2, p. 45. — - Cf. De nupt. et conc, I, 21, G. V., XLTI, 2, p. 236.