De sermone Dom., ï, 16, P. L., XXXIV, col. 1251. X
Docteur est d'avis que l'invitation de l'Apôtre aux conjoints de ne pas renvoyer l'époux non chrétien est un conseil, non pas un précepte ^.
Pollentius, au contraire, interprétait les paroles de saint Paul comme un commandement, de telle sorte qu'il restait toujours défendu au chrétien de quitter l'époux infidèle, non pas par l'autorité du Christ, mais par celle de son Apôtre.
Saint Augustin, s'appuyant sur la permission accordée par le Seigneur de renvoyer un époux^<pour cause de fornication, lui répond que, si la justice aux yeux de Dieu permet la séparation pour une telle raison, on ne comprend point pourquoi elle ne serait pas permise pour cause d'infidélité, fornication d'autant plus blâmable qu'elle est spirituelle, tandis que l'autre n'est que charnelle. D'ailleurs, on ne peut même pas dire qu'un époux infidèle, quelque chaste qu'il soit, possède une vraie chasteté conjugale, car « omne quod non est ex fide, peccatum est », quoique le conjoint fidèle puisse avoir cette chasteté, même en demeurant avec la partie païenne qui ne l'a pas ^.
Il ne faut pas confondre une chose mauvaise par ellemême avec une autre chose mauvaise par les résultats qui en dérivent. Une chose mauvaise par elle-même est une offense à la justice telle que Dieu la considère. Elle ne peut jamais être permise, ni par conséquent avantageuse, quand bien même elle obtiendrait la faveur des hommes. Une chose mauvaise seulement par ses résultats n'offense pas la justice telle qu'elle est devant Dieu, mais elle peut nuire au salut de ceux qu'elle scandalise; aussi, quoique permise en ellemême, il est avantageux de s'en abstenir, et la charité conseille une telle mesure. Voilà pourquoi le Christ ne défend pas, au nom de la justice, la séparation entre l'époux croyant