IMcl., De adult. conj., I, 13, G. V., xli, 3, p
2. De adult. conj., I, 18, G. V., xli, 3, p. 367 : « Nec prohiberi a Domino debuit fidelis infldelem dimittere... quia justitia permittit a fornicanto disoedere et infidelis hominis fornioatio est major in corde, nec vera ejus pudicitia cum conjuge dici potest quia omne quod non est ex fide, peccatum est : quamvis veram fidelis habeat pudicitiaii} etiam cum infideli conjuge, qui non habet veram. »
et l'infidèle, et l'Apôtre conseille, au nom de la charité, de ne pas la faire ^.
Ce n'est donc pas sans raison que saint Paul a écrit : « ego dico, non Dominus ». Il invite les époux à ne pas se séparer, parce qu'il peut y avoir de grands avantages à rester unis; mais le Seigneur ne défend pas cette séparation, parce qu'elle n'est pas injuste à ses yeux, pas plus que ne l'est la séparation pour cause d'adultère.
Mais si la justice divine permet au chrétien de quitter l'infidèle, elle ne l'oblige pas à le faire. La raison en est que leur mariage, étant contracté alors qu'ils étaient tous les deux païens, n'a violé aucune loi de Dieu^. D'ailleurs, si une telle séparation eût été un ordre du Christ, l'Apôtre ne s'y serait point opposé par ses conseils; car ce que le maître ordonne, un bon serviteur ne peut le défendre ^.
Cependant, en ajoutant, — « si quis fidelis habet uxorem infidelem, et haec consentit habitare cum illo, non dimittat illam », — saint Paul veut montrer évidemment par là que, si cette femme ne consent point à demeurer avec son mari, c'est-à-dire, si elle a la foi de Jésus- Christ en horreur et ne peut plus supporter son mari, parce qu'il est chrétien, celui-ci doit la quitter pour le royaume des cieux. Le même Apôtre le dit plus loin (v. 15) : « Si l'infidèle s'éloigne du chrétien, celui-ci peut se séparer, car un frère ou une sœur, c'est-à-dire un chrétien, n'est plus assujetti en cette rencontre à l'obligation du mariage. » Si donc un homme renonce à son salut pour ne pas renoncer à une épouse ne pouvant pas supporter un mari chrétien, il
1. Ibid., 17, p. 366 : « Ea mihi videntur licere et non expedire, quae per justitiam quidem, quae coram Deo est, permittuntur, sed propter offensionem hominum, ne ob hoc impediantur a saluti, vitanda simt; ea vero non licere et ideo non expedire, quae sic ipsa justitia vetantur, ut J'acienda non sint, etiamsi ab eis, quibus in notitiam fuerint perlata, laudentur. »
2. Ihid., 18, p. 368 : « Ideo autem nec juberi debuerunt fidèles ab infldelibus separari, quia non contra jussionem Domini Gentiles fuerunt ambo oonjuncti. »
3. lUd., p. 367 : « Nam si dimittere taies conjug-es juberentur, nullus locus esset consilio monentis Apostoli, ne hoc fieret. Nulle modo enim quod dominus jubet, servus bonus fleri prohiberet. »
est blâmé par le Seigneur i. En dehors de cette circonstance, la séparation reste toujours facultative en vertu du conseil de saint Paul.
Saint Augustin entrevoit dans ce conseil une force spéciale en raison de la vertu de la charité, à laquelle l'Apôtre fait appel. « Que savez-Vous, femme, — s'écrie saint Paul, — si vous ne sauverez pas votre mari? Et vous, mari, que savezvous, si vous ne sauverez pas votre femme ? » (I Cor., vu, 16.) Il avait dit auparavant : « Car le mari infidèle est sanctifié par la femme fidèle, et la femme infidèle est sanctifiée par le frère », c'est-à-dire, par le mari chrétien; « autrement vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints » {Ibid., 14). L'Apôtre montre donc aux époux convertis au christianisme que, s'il leur est permis, il ne leur est pas avantageux, de se séparer de leur conjoint resté infidèle. Saint Paul en donne clairement la raison, en s'appuyant sur l'avantage de gagner à Jésus-Christ les époux et les enfants infidèles 2.
Il y a bien des devoirs que la loi ne nous prescrit pas, mais que la charité nous impose, — [facienda non jubente lege, sed libéra caritate), — et dont l'accomplissement est d'autant plus méritoire que, sans y être obligés, nous les remplissons par un sentiment d'amour du prochain.
Le Christ nous en donne le premier l'exemple. Après avoir démontré qu'il ne devait pas le tribut qu'on exigeait de lui, il le paya cependant pour ne pas scandaliser ceux qu'il aimait jusqu'à se faire homme pour leur salut éternel (Math., XVII, 26).
Saint Paul recommande souvent la même doctrine : « Quoique je sois libre à l'égard de tous, je me suis fait serviteur de tous, afin d'en gagner un plus grand nombre ^. »
1. C. Adimantum, 3, C. V., xxv, 1, p. 120 : « Si quis ergo relinquit regnum coelorum, dum non vult relinquere uxorem non ferentem ohristianum virum, improbatur a Domino. »