‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 13 sur 176 · De nupt. et conc., II, 4, G. V., xlîi, 2, p · texte numérisé non relu

De nupt. et conc., II, 4, G. V., xlîi, 2, p

BASE DE LA DOCTRINE DU MARfAGE 15

détail sa doctrine, dissipent tout doute sur cette restriction que nous intercalons dans sa pensée. La base du raisonnement du saint Docteur est à la fois : la création des deux sexes différents, — masculum et foeminam fecit eos; la création d'un auxiliaire du sexe féminin, — femineus sexus adjutor; la création pour l'homme d'une femme avec le sexe, la forme et les organes, qui distinguent la femme, — in eo sexu, in ea forma et distinctione membrorum, quae femineae notae sunt ^.

Or, il est évident que le sexe n'est point toute la femme, et que, par conséquent, saint Augustin, en rapportant à la propagation de l'espèce la création du sexe féminin, n'a pas circonscrit à ce seul but toute la destinée de l'aide donnée à l'homme.

De plus, les expressions un peu fortes de saint Augustin ne surprendront pas le lecteur, s'il se rappelle que le saint évêque s'efforce ici de se dégager de l'opinion de plusieurs de ses prédécesseurs, qui rejetaient la nécessité et la convenance du mariage dans le cas où l'homme n'eût pas péché, et estimaient l'acte conjugal comme une conséquence de la première chute 2. Il repousse simplement le joug de cette doctrine, auquel il est resté assujetti pendant quelques années, pour mettre en lumière son opinion sur l'origine, l'existence et le but du mariage.

A son avis, la génération serait encore nécessaire, même si l'homme g,vait toujours conservé son innocence, comme elle l'est dans l'état de déchéance. Que le péché fût ou qu'il ne fût pas, il fallait remplir le nombre des prédestinés par les moyens que Dieu avait établis. La création des deux sexes est le premier de ces moyens dans l'ordre naturel. Aussi saint Augustin, en considérant la femme comme un des deux agents de la génération, s'abstient-il de mention-

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