‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 121 sur 176 · Cf. EsMEiN, Le mariage en droit canonique, t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. EsMEiN, Le mariage en droit canonique, t. I, p

CÉLÉBRATION, VALIDITE ET EMPECHEMENTS DU MARIAGE 15'9

humaine et la charité fraternelle se développeraient beaucoup plus ^.

Aux premiers temps du genre humain, les mariages entre frères et sœurs étaient permis, parce qu'alors il n'était point possible de les contracter avec d'autres personnes. La nécessité s'imposait. Mais dès que la multiplication des générations eut permis d'agir autrement, ces sortes d'unions ne furent plus nécessaires, et devinrent absolument illicites 2. .

Par suite de l'accroissement du genre humain, les mœurs sont venues condamner ce que déjà l'esprit de charité ne pouvait admettre.

Même parmi les païens l'usage s'est établi de réprouver les mariages entre frère et sœur, malgré la perversité des lois qui les permettaient. Quoique licites autrefois, ils inspirent aujourd'hui partout autant de répugnance, que s'ils n'eussent jamais existé. Or rien n'est plus apte à favoriser ou à blesser les sentiments humains qu'une coutume.

Puisque la coutume ici sert à réprimer les excès de la concupiscence, on ne saurait la violer ou la briser sans crime. S'il est injuste de franchir les limites de ses propres domaines pour satisfaire la convoitise de posséder, à plus forte raison il est criminel de renverser les limites des bonnes mœurs pour assouvir des appétits honteux ^.

Saint Augustin ajoute : « Nous constatons combien il était rare aussi dans ces derniers temps de voir la coutume admettre, â cause de la ressemblance avec les unions entre frères et sœurs, le mariage entre cousins germains, que pourtant les lois permettaient, puisque la loi divine ne l'a pas défendu, et que la loi humaine ne s'en était pas encore

1. De civ. Bel, XV, 16, G. V., xl, 2, p. 92 : « Habita est onim ratio reotissima caritatis, ut homines, quibus esset iitilis atqiie lionesta concordia, cliversarum necessitudinum vinculis neoterentiir, nco unus in uno multas haboret, sed singulae spargerentur in singulos ac sic ad socialem vitam diligentiiis colligendam plurimae plurimos obtinerent. Pater quippe et socer duarum sunt necessitudinum nomina. Ut ergo alium quisque habeat patrem, alium socerum numerosius se caritas porrigit. »

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