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occupée. Cependant, ces mariages touchaient de si près aux unions illicites, qu'ils inspiraient presque autant d'horreur que si on les contractait entre frères et sœurs. En vérité, les cousins germains s'appellent frères, et ils le sont pour ainsi dire, eu égard à la proximité du degré de parenté ^. »
Aux deux raisons précédentes, saint Augustin en ajoute une troisième : la répugnance naturelle et louable que l'homme éprouve à s'unir en mariage avec les personnes qui lui sont attachées par les liens de la parenté : « quia nescio quo modo inest humanae verecundiae quiddam naturale atque laudabile, ut, cui débet causa propinquitatis verecundum honorem, ah ea contineat, quamvis génératrice, tamen libidine, de qua erubescere videmus et ipsam pudicitiam conjugalem ^ ». Mais il ne fait valoir ces raisons que jusqu'au degré entre cousins germains.
On a voulu conclure de l'affirmation de saint Augustin sur la non existence d'une loi humaine prohibant le mariage entre cousins germains, que cette loi n'existait pas au temps du saint Docteur ^.
Il faut cependant remarquer que l'expression — « etiam nostris temporibus » — ne se rapporte pas précisément à l'époque où vivait notre saint. Il vient de parler des époques primitives, où le mâi:iage était permis même entre frères et sœurs. Il affirme ensuite que, avec la multiplication des générations, les mœurs commencèrent, même chez les païens, à réjeter de pareilles unions. Il allègue enfin que nostris temporibus la coutume ne disparaissait que très rarement devant la permission de la loi, même pour les mariages entre cousins germains.
1. IMd., p. 94 : « Experti autem sumus in conubiis consobrinarum etiam nostris temporibus propter gradum propinquitatis fraterno gradu proximum quam raro per mores fiebat, quod fieri per leges licebat, quia id neo divina prohibuit et nondum prohibuerat îex humana. Verum tamen factum etiam lioitum propter vioinitatem horrebatur illiciti et, quod fiebat cum consobrina, poene eum sorore fieri videbatur; quia et ipsi inter se propter tam propinquam consanguinitatem fratres vooantur et poene germani sunt. »