Ibid., p
3. Saint Augustin emploie aussi des expressions comme celle-ci : « SanctimoniaUs, si nupserit, Christi adultéra deputatur. » {In ps. 83, 4, P. L., XXXVII, col. 1058). Mais il va nous apprendre qu'on ne peut pas considérer l'alliance mystique entre le Christ et les âmes liées par le vœu sous les mêmes rapports qu'on considère le mariage entre l'homme et la femme. Il nous montre que le vœu peut lier au Christ ceux qui sont déjà unis par le mariage, et que le contrat conjugal peut entrelacer à jamais, quoique illicitement, ceux qui se sont engagés par le vœu.
qu'une femme mariée fasse le vœu de continence du consentement de son mari. Or, si quiconque épouse cette femme commet un adultère, et d'autre part, si le Christ devient son époux par suite du vœu, il s'ensuivrait — (quod sentire nef as est) — que le Christ serait adultère, ou qu'il n'est point permis à une femme de faire le vœu de continence, ce que personne ne peut admettre ^.
En outre, puisque le second mariage a toujours moins de mérite que le premier, le vœu de continence d'une veuve serait moins digne que le mariage qu'elle avait contracté avec son premier mari.
Enfin, la doctrine qui considère comme nuls les mariages des personnes consacrées par le vœu ne peut que produire de déplorables résultats au sein de la famille. En regardant ces personnes illégitimement mariées et en les séparant de leur conjoint, on pousse celui-ci à contracter d'autres engagements et à commettre alors de véritables adultères ^.
« C'est pourquoi, conclut saint Augustin, je ne peux pas admettre que le mariage des femmes liées par le vœu de continence ne soit pas un vrai mariage » ; — « non possum quidem dicere a proposito meliore lapsas, si nupserint, feminas adulteria esse, non conjugia ^. »