Adv. Jovinianum, I, n. 10, P. L., XXIII, col
5. On attribue ce fait à la grande multitude des infidèles, et au nombre relativement petit des chrétiens. — Cf. Perrone, loc. cit.; Ortolan, loc. cit.
des crimes abominables, saint Augustin se borne à constater le fait, et n'est pas loin de le légitimer. Il ne trouve dans le Nouveau Testament aucune parole d'où l'on puisse conclure sans hésitation que le mariage entre chrétiens et infidèles est défendu. Aussi, ajoute-t-il, on l'a cru licite, ou, du moins, on l'a permis comme une chose douteuse ^.
Plus tard, en répétant la même affirmation, il base son opinion sur les princimux textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, auxquels les autres saints Pères font allusion pour confirmer leur doctrine.
Le Deutéronome, prescrivant aux Israélites de ne pas épouser des femmes étrangères de peur qu'elles ne les entraînent au culte des idoles^, n'autorise pas à affirmer que les liens du mariage ne peuvent subsister qu'entre époux de la même religion. S'il en était autrement, un fidèle ne pourrait danis aucun cas rester avec un païen, et pourtant l'Apôtre conseille de respecter le lien conjugal, lorsqu'un nouveau converti à la foi du Christ se (trouve uni à un conjoint infidèle^.
Bien que saint Augustin se rapporte ici au mariage contracté par deux païens, dont l'un a embrassé plus tard la religion chrétienne, l'interprétation qu'il fait de la doctrine de saint Paul sur cette question, nous montre que, à son avis, il n'y a pas d'incomptabilité entre le lien conjugal et la disparité de culte.
L'autre texte de l'Apôtre, — « cui vult nubat, tantum in Domino », — n'a pas non plus pour saint Augustin la signification exclusive que les autres Pères y veulent attacher. T i "j
On peut interpréter le tantum in Domino de deux manières : pourvu qu'on reste chrétien {aut christiana permanens) , ou pourvu qu'on épouse un chrétien {aut chris-
1. De fide et oper., 19, G. V., xlt, 3, p. 80 : « ...qiioniam rêvera in novo testamento nihil inde praeceptum est, et ideo aut licere creditum est aut velut dubium derelictum ».
2. G. VII, 3-4 : « Non accipies uxorem filio tuo a filiabus alienigenarum, ne traducot eum post deos suos, et pereat anima ejus. »