Epist. ^55, IbkL, p
CÉLÉBRATION, VALIDITE ET EMPECHEMENTS DU MARIAGE 171
saint Augustin fait évidemment allusion à quelque coutume ou loi en vigueur, dont les païens avaient ejnx aussi connaissance.
La date de la lettre est inconnue; mais on sait qu'elle est postérieure à 41 1 ^. Par conséquent^ elle ne doit pas avoir été écrite bien longtemps avant le De fide et operihus, qui est de 413, ou lé De adulterinis conjugiis, rédigé en 419. Cependant la réponse de saint Augustin disant qu'il ne pouvait pas promettre une chrétienne à un fiancé païen, ne s'oppose pas au texte du De fide et operibus affirmant que l'on ne réputait pas péché le mariage entre chrétiens et infidèles. Il ne faut pas oublier que, malgré la manière plutôt favorable dont on jugeait de tels mariages, la coutume dé les contracter n'était pas universelle, et oh s'efforçait de la supprimer.
D'ailleurs, si l'on excusait les simples fidèles de donner leurs filles à des païens, on ne tolérait pas qu'un évêque promît une pupille de son Eglise à un infidèle. Ce serait une conséquence très naturelle du canon XVI du concile d'Hippone défendanf aux fils des clercs de se marier avec les païens et les hérétiques, et interdisant par conséquent aux prêtres et aux évêques de coopérer .aux mariages de ce genre.
Ces raisons nous expliquent le passage de VEpistola 255 : — « tradi a nobis christianam nisi christiano non posse » ; où l'on ne trouvera, nous le répétons, aucune contradiction avec la doctrine du De fide et operibus et du De adulterinis conjugiis >,
1. Cf. PoRTALiÉ, dans le Diction, de tliéol. cath. de Vacant, art. Augustin, t. I, col. 2287.