De bono conj., 17, C. V., xli, 3, p
lE MARIAGE EN TANT QUE « SACRAMENTUM )) 187
fidèles qui, dans toutes les contrées, devaient plus tard se soumettre à Dieu ^.
Mais, puisque beaucoup d'âmes ne formeront, après ce pèlerinage terrestre, qu'une seule cité dont tous les habitants seront intimement unis avec Dieu, le sacramentum du mariage actuel est réduit à un seul homme et à une seule femme. Ce sacramentum du mariage monogamique symbolise notre unité future soumise à Dieu dans une seule et même cité céleste et figure l'unité de tous les peuples soumise à un seul homme qui est Jésus-Christ 2.
Cette conception du mariage comme une figure ou un ^ signe revient fréquemment à la pensée et sous la plume de notre Saint.
Cependant il convient de remarquer que le signe sensible requis pour l'essence d'un sacrement est l'élément matériel employé dans le rite sacramentel. Il appartient au sacramentum in fieri ^.
Or saint Augustin ne considère jamais le contrat conjugal, le mariage in fieri, comme un signe, mais bien le mariage in facto esse, c'est-à-dire l'état de fait qui en résulte pour les époux. C'est la société conjugale établie par le contrat de l'homme et de la femme qui devient une figure de l'alliance entre le Christ et l'Eglise 4.
1. IMd., 18, p. 214 : « ...pliires uxores antiquorum patrum significaverimt futuras nostras ex omnibus gentibus ecolesias uni viro subditas Christo... ; sacramentum pluralium nuptiarum illius temporis significavit futuram multitudinem Deo subjeotam in terrenis omnibus gentibus )>.