De sacramentis, P. L., GLXXVI, col
Donc, le sacramentum du texte augustinien, que Hugues traduit par « symbole », est saint parce qu'il figure une chose sainte.
Malgré ce symbolisme si relevé, Hugues ne donne pas plus de valeur au texte de saint Augustin et laisse une doctrine insuffisante sur le sacrement du mariage; «il parle souvent — écrit Mignon — du remède apporté par le mariage et ne s'explique guère sur la grâce donnée aux époux par le sacrement ^.
L'interprétation d'Hugues et le texte de saint Augustin réapparaissent dans la « Somme des Sentences » de Pierre Lombard 2. Le traité du mariage du Maître des Sentences est, dans plusieurs questions, un recueil de textes de saint Augustin. La doctrine des trois biens y est tout entière^; mais les passages sur le sacramentunij nombreux chez l'Evêque d'Hippone, deviennent très rares dans l'œuvre de Pierre Lombard et n'expriment que l'idée de symbolisme.
Rien d'étonnant d'ailleurs, car, « parmi les sacrements, — écrit le Maître des Sentences, — les uns fournissent un remède contre le péché et confèrent une grâce qui nous aide, comme le baptême, d'autres sont seulement un remède, comme le mariage, d'autres enfin donnent la grâce et la vertu, comme l'eucharistie et l'ordre ^ ».
L'idée de remède apporté par le mariage est encore empruntée à saint Augustin. L'Evêque d'Hippone avait écrit : « La faiblesse de l'un et de l'autre sexe, qui penche vers une
1. Loc. cit., t. Il, 0. 17, p. 242. — Godefroy (art. Mariage du Dict. de Théol. Cath., col. 2147, 2148), est d'avis que déjà Hugues de Saint- Victor a parlé de l'efficacité surnaturelle du sacrement du mariage. Il sera peut-être plus juste de souscrire à l'opinion de Vernet {Dict. de Théol. Cath., art. Hugues de Saint-Victor, col. 282) : « Hugues ne marque pas assez que le mariage de la loi nouvelle est un sacrement au sens strict du mot, cause efficace de la grâce. » Le laisse-t-il au moins sous-entendre au chap. xiii De Sacramentis, 1. Il, pars XI, cité par Godefroy? Il nous semble que Mignon et le P. Alves Pereira sont plus dans la vérité. — L. C. G.