Ibid., dist
4. Ibid., dist. 2, 1 : « Quorum (sacramentorum novae legis) alia remedium contra peccatum praebent et gratiam adjutricem conferunt, ut baptismus, alia in remedium tantum sunt, ut conjugium, alia gratia et virtute nos fulciunt, ut eucharistia et ordo. »
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ruine honteuse, est relevée par Thonnêteté du mariage, en sorte que ce qui eût été raccomplissement d'un office pour l'homme, lorsqu'il était sain, est devenu un remède depuis qu'il est malade K »
Ce remède est le frein que le mariage met à la concupiscence déréglée depuis la chute originelle. Puisque la véhémence de la volupté pousse la nature à l'excès de la fornication, saint Augustin conseille aux incontinents de prendre femme, car dans le mariage le mal de la concupiscence peut servir au bien de la génération, et demeure assujetti aux lois de l'unité et de l'indissolubilité matrinïoniales 2.
Au livre De bono conjugali^, saint Augustin est encore plus clair dans l'explication des causes de ce remède. Ce bien est une conséquence de la vie conjugale elle-même, du mariage en tant que société naturelle, où les conjoints s'appartiennent exclusivement l'un à l'autre en vue de la génération des enfants r
Saint Augustin ne fait aucunement appel dans ces endroits à l'intervention de la grâce divine, comme un remède porté par le mariage contre la concupiscencer Pierre Lombard a bien compris cette signification des textes augustiniens, puisqu'en les citant il ne rétracte pas l'affirmation que le mariage est un sacrement qui fournit seulement un remède, sans conférer la grâce.
Hugues de Saint- Victor avait déjà interprété dans le même sens la doctrine de saint Augustin et l'avait expliquée d'une façon très expressive : « Le bien du mariage modifie et restreint, selon le Docteur d'Hippone, la désobéissance des membres, afin que la concupiscence de la chair devienne pudeur conjugale. Ce mal de la concupiscence trouve remède dans le mariage de deux façons : tout d'abord, parce que la loi de l'unité conjugale empêche les époux de se livrer à d'autres que leur propre conjoint; en
1. De gen. ad Utt., IX, 7, G. V., xxvm, i, p. 275; Cf. De bono vïd., %, G. V., XLi, 3, p. 317.
2. V. chap. III, art. 1, p. 41 et suiv., et art. 4, p. 56 et smy.