‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 154 sur 176 · Ghap. III et iv, G. V., xli, 3, p · texte numérisé non relu

Ghap. III et iv, G. V., xli, 3, p

second lieu, parce que l'acte conjugal accompli par incontinence devient excusable dans le mariage à cause des biens qui l'accompagnent^. »

L'idée de remède donnée par' saint Augustin revient encore sous la plume des grands Docteurs du xiii^ siècle. Mais ces derniers se sont rendu compte de l'insuffisance d'expression de la doctrine augustinienne. Pour que le mariage puisse réprimer la concupiscence, il faut qu'il confère la grâce, car sans celle-ci on ne peut remédier efficacement à aucune passion. Et la grâce joue un rôle prépondérant, à partir de cette époque, dans l'exposition de la doctrine sacramentaire du mariage.

Saint Bonaventurè ^ et saint Thomas ^ reprennent les mots de l'évêque d'Hippone et formulent un raisonnement que l'on trouve très précis, surtout chez le Docteur -Angélique : « Augustinus dicit quod matrimônium est aegrotis in remedium. Sed non est in remedium, nisi inquantun aliquam efficaciam habet. Ergo habet aliquid efficaciae ad reprimendam concupiscentiam, Sed concupiscentia non reprimitur nisi par gratiam. Ergo confertur in ipso gratia ^. » On remarquera que saint Thomas, aussi bien que saint Bonaventurè, établit des propositions qu'il n'appuie pas sur des textes augustiniens.

A l'époque des grands maîtres de la théologie catholique, la doctrine augustinienne continua d'exercer une vaste influence. Les docteurs scolastiques aimaient à mettre à la base de leurs thèses les textes de saint Augustin, qu'ils choi-

1. De sàcramentis, 1. II, p. 11, o. 7, P. L., GLXXVI, col. 494 : « Bonum quippe conjugii, ut dicit beatus Augustinus, malum inobedientium membrorum limitât quodammodo et modificat, ut concupiscentia carnis flat saltem pudicitia conjugalis. Duobus autem modis bonum hoc contra malum illud remedium occurrit, dum et illum immoderatae libidinis ardorem, sub certa régula unius foederis limitando, a vago concubitu modificat; et eum, qui per se malus esset, per bona sibi adjuncta excusât. »

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