‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 158 sur 176 · V. chap. V, art. 3, p · texte numérisé non relu

V. chap. V, art. 3, p

un seul homme -— Jésus-Christ; c'est-à-dire, le mariage de l'Evêque, mari d'une seule femme, est le symbole (sacramentum) d'une alliance mystique où il n'y a qu'un seul époux qui est le Christ. Aussi quiconque s'est marié plus d'une fois est devenu incapable de figurer cette alliance; il ne peut pas être ordonné. L'objet figuré par le mariage est très saint, divin ; le symbole qui le représente participe de la même sainteté. Voici la sanctitas sacramentL

Au nom de cette qualité symbolique on impose au mariage des lois, comme celle de la monogamie pouf l'évêque.

Pour assurer ce symbolisme saint du mariage on oblige aussi tout chrétien à la loi de l'unité conjugale. « De même que l'âme ne doit être unie qu'à un seul Dieu, de même il ne fut, il n'est, il ne sera jamais permis à une femme d'avoir plus d'un mari. » En conséquence, un époux ne peut aucunement — (et les chrétiens n'ont jamais osé se départir de cette règle) — livrer sa femme à un autre homme pour peupler le foyer de nombreux enfants, car dans notre mariage (c'est-à-dire dans le mariage chrétien), on attache plus d'importance à la sainteté du symbole du mariage qu'à la fécondité de la femme.

Nous croyons que nous, venons de bien traduire la sanctitas sacramenti, qui par la seule force de l'expression ne peut pas signifier la propriété de conférer la grâce ou n'importe quel effet de sanctification i. Elle n'est qu'une qualité du symbolisme du mariage dérivée de la sublimité de l'union qu'il représente 2.

A tout prendre, la digression historique que nous venons d'esquisser, prouve que les théologiens s'abstinrent pendant de longs siècles d'interpréter dans un sens strict la doctrine augustinienne sur le sacramentum du mariage, et que de nombreux auteurs de tous les temps n'y ont trouvé que la notion d'un sacrement au sens plus large.

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