De hono conj., 19, G. V., xli, 3, p
4. De nupt. et conc, II, 7, C. V., xlii, 2, p. 269 : « Naturalis est appetitus idemque rationis est, non libidinis »
DOCTIUNE DU MAIIÎAGK.
18 LA DOCTniNË DU MARIAGE SELON SAINT AUGUSTIX
ARTICLE IV L'instinct de sociabilité.
Uamitié sociale est un bien que Vhoinme cherche naturellement. — Elle réclame la multiplication de la race humaine. — La génération est un grand moyen d'élargir la concorde et Vamiîié sociales.
La discorde incline l'homme à vivre isolé, et cependant l'homme est par sa nature l'être le plus sociable ^. Dieu lui a départi Tinstinct de la sociabilité, qui le pousse à se créer des rapports avec ses semblables, et à cultiver le bienfait de l'amitié 2. Saint Augustin considère l'amitié sociale comme un bien désirable par lui-même, utile et même nécessaire à la vie de la société humaine 3. Rien ne peut nous soulager, d'une manière plus efficace, dans cette vie remplie de chagrins et de douleurs, que la fidélité sincère et l'affection réciproque d'amis véritables, comme rien ne nous peine davantage que la crainte de voir la perfidie et la trahison succéder à l'amitié ^.
L'homme est comme entraîné par les lois de sa nature à jouir de la paix, d'où émanent l'ordre et la parfaite tranquilliié de toutes les forces de son être, et à faire alliance, . autant qu'il est possible, avec tous ses semblables, pour mieux parvenir à ce résultat désiré, et pour coopérer à la concorde qui doit régner entre tous les hommes.
Le désir de la paix est à la base de la nature humaine ^ et ce serait attenter à l'essence même de cette nature que d'agir, même en apparence, dans un but opposé à la paix. C'est pourquoi l'homme se la propose dans toutes ses
1. De civ. Del, XII, 28, G. V., xl, 1, p. 613 : « Nihil enim est quam hoc genus tam discordiosum vitio, tam sociali natura. »