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BASlî DE LA DOCTRINE DU MARIAGE 19
actions, dans toutes ses entreprises; il la cherche même quand il fait la guerre, malgré le bouleversement que celle-ci établit dans Tordre des choses^.
Nous rapportons l'usage des biens matériels à la jouissance de la paix terrestre pendant cette vie mortelle; et la paix terrestre est dirigée, grâce aux lumières de la foi, vers la paix du ciel. •
La paix du corps sert à la paix de Tâme, et la paix entre tous les deux crée l'harmonie de la vie tout entière; l'âme, à son tour, subordonne la vie inférieure à la vie supérieure, c'est-à-dire, le corporel au spirituel, l'animal au rationnel, l'action à l'intelligence. Ainsi toute paix, soit du corps, soit de l'âme, soit du corps et de l'âme à la fois, est rapportée à cette paix qui doit régner entre l'homme mortel et Dieu immortel par l'obéissance dans la foi à la loi éternelle 2.
La paix donc, prise dans sa plus vaste signification, est dans la pensée de saint Augustin la première et la suprême aspiration de l'homme, car elle s'identifie avec le bonheur souhaité instinctivement par la nature humaine.
Or la vie sociale est une condition nécessaire pour donner à l'homme la jouissance de la paix, comme elle l'est pour l'acquisition de tous les biens auxquels aspire la Cité de Dieu. D'où il appert que, si la vie sociale est indispensable à la perfection suprême, but des aspirations de la nature humaine, la multiplication de l'espèce le fut aussi au début pour la formation, comme elle l'est à travers les temps pour la conservation de la société elle-même.
Ainsi la nécessité de la propagation de la race humaine a sa source dans la nature de l'homme, comme une exigence de la fin à laquelle Dieu l'a destinée, et des moyens que le Créateur lui a prodigués pour lui permettre de l'atteindre. L'instinct de sociabilité est l'un de ces moyens indispensables.
Ce qui £st vrai de l'homme individuel, peut et doit être