PouRRAT, op. cit., p
bole d'une chose religieuse et sainte, et il crée des effets réels, qui sont des conséquences de ce symbolisme.
Ces effets sont des propriétés de la res significata par le mariage. La société conjugale est le symbole de l'alliance mystique de Jésus-Christ et de TEglise; elle doit en reproduire, autant que possible, les caractères.
Le premier et principal effet du sacramentum est l'indissolubilité, que saint Augustin appelle la res sacramentij — l'effet du sacrement.
Cette expression que les Docteurs du moyen âge ont choisie pour signifier le don spirituel, — ^ la grâce conférée par tous les sept sacrements, — est expliquée avec une précision saisissante par saint Augustin lui-même dans l'application qu'il en fait au sacramentum du mariage. « Sans aucun doute, dit-il, la res sacramenti (du mariage) consiste en ce que l'homme et la femme liés par le mariage demeurent inséparablement unis pour toute leur vie, si bien, qu'il n'est point permis à un conjoint de se séparer de l'autre, hors le cas de fornication ^. »
Ailleurs saint Augustin exprime la même idée non moins clairement : « Tant il est vrai que le lien conjugal, une fois contracté, est la res, d'un sacrement, qu'il ne peut être rompu même par la séparation ^. »
Après ce jet de lumière porté sur la res sacramenti, il est de toute évidence que cette terminologie appliquée au mariage signifie, selon saint Augustin, l'indissolubilité conjugale^. Le « vinculum » est proprement ce que saint Augustin appelle res sacramenti ^^ ».
Par conséquent, il est au moins superflu d'emprunter ailleurs le sens de cette expression, ou d'aller le chercher
1. De nupt. et conc, I, 10, G. V., xlii, 2, p. 22 : « Hujus procul dubio sacramenti res est, ut mas et femina conubio copulati quamdiii vivunt inseparabiliter persévèrent, nec liceat excepta causa fornicationis a conjuge conjugem dirimi. »
2. De bono conj., 7, G. V., xli, 3, p. 196 : « Usque adeo foedus illud initum nuptiale cujusdam sacramenti res est, ut nec ipsa separatione irritum fiat. »