‹ La doctrine du mariage [microform]Chapitre 19 sur 176 · Ibid., XV, 16, p · texte numérisé non relu

Ibid., XV, 16, p

5. De bono conj., 9, C. V., xli, 3, p. 199 : « Sane videndum est alia bona nobis Deum dare, quae propter se ipsa expetenda siint, siciit est sapientia, salus, amicitia,alia, quae propter aliquid sunt necessaria, sicut doctrina, cibus, potus, somnus, conjugium, concubitus. Horum enim quaedam necessaria sunt propter sapientiam, sicut doctrina, quaedam propter salutem, sicut cibus et potus et somnus, quaedam propter amicitiam, sicut nuptiae vel concubitus; hinc enim subsistit propagatio generis humani, in quo societas amioalis magnum bonum est. »

BASE DE lA DOCTniNE DU MARIAGE 21

Pour affirmer plus clairement la nécessité de la concorde et pour mieux en assurer la stabilité, Dieu a voulu que tous les hommes sortissent d'un seul, comme un fleuve de sa source. Même la première femme, il l'a tirée du côté d'Adam 1.

Aucun moyen n'est plus puissant pour prévenir ou guérir le mal de la dissension, que le souvenir de ce premier père, l'unique berceau, si l'on peut ainsi parler, de toutes les générations, la souche première d'où dérivent tous les rejetons. Dieu n'a créé qu'un type pqur montrer à tous les hommes qu'ils doivent vivre unis non seulement à cause de l'idenfîté de leur nature, mais encore à cause de leur parenté, qui établit et resserre les liens de la concorde ^,

ARTICLE V La bénédiction <t crescite et multiplicamini ».

Cette bénédiction ne renferme aucun précepte. — Interprétation mystique du « crescite et multiplicamini ». — Interprétation littérale. — La bénédiction divine est la parole créatrice de la fécondité humaine.

On se demandera quelle valeur saint Augustin attribue à cette bénédiction, que Dieu a donnée à l'homme au com-

1. De clv. Dei, XII, 22, C. V., xl, 1, p. 607 : « unum ac singulum creavit, non utique solum sine humana sooietate deserendum, sed ut eo modo vehementius ei commendaretur ipsius societatis unitas vinoulumque concordiae, si non tantum inter se naturae similitudine, verum etiam cognitionis affectu homines necterentur; quando ne ipsam quidem feminam copulandam viro siout ipsum creare illi plaouit, sed ex ipso, ut omnino ex homine uno diffunderetur genus liumanum. »

2. Ibid., 28, p. 614: « Neque commodius contra vitium discordiae vel cavendum ne existeret, vel sanandum cum extitisset, natura loqueretur humana, quam recordationem illius parentis, quem propterea Deus creare voluit unum, de quo multitude propagaretur, ut hac admonitione etiam in multis concors unitas servaretur. Quod vero femina illi ex ejus latere facta est, etiam hic satis significatum est quam cara mariti et uxoris debeat 'esse conjunctio. » — Cf. Sermo 90, 7, P. L., XXXYIII, col. 563; Sermo 268, 3, Ibid., col. 1233.

mencement, en indiquant et légitimant la génération comme le but du mariage.

Les adversaires de la doctrine catholique rejettent la licéité du célibat et préfèrent à la virginité la vie conjugale; ils prétendent découvrir dans cette parole de Dieu un précepte positif obligeant tout homme à la propagation de Tespèce. Par contre, la théologie catholique n'y voit tout au plus qu'un commandement imposé à la communauté des hommes, commandement qui pourra toutefois devenir une obligation pour Findividu en des circonstances particulières.

L'analyse des textes de saint Augustin sur ce passage de la Genèse ne nous permet pas d'y voir l'obligation d'un devoir moral pour chaque individu, ni même d'un précepte positif pour le genre humain.

Nous avons vu que dans le De genesi contra Manichœos 1, 19 (P. L., XXXIV, col. 187) \ saint Augustin interprète le « crescite et multiplicamini » plutôt dans un sens spirituel. C'est seulement après le péché originel que la bénédiction divine aurait commencé à avoir quelque rapport avec la fécondité corporelle de l'hoinme.

En s'inspirant tour à tour de l'école littérale et surtout de l'école allégorique, le saint docteur applique, dans ses premiers ouvrages, la bénédiction, prise au sens littéral, à tous les êtres qui se reproduisent par semence : ad omnia quae de seminibus gignuntur conuenit verbum : « crescite et multiplicamini » ; mais il croit qu'on doit l'entendre plutôt au sens figuré. Et dans ce cas, elle n'exprime que la puissance ou la faculté accordée à l'homme de signifier de plusieurs manières ce que l'intelligence comprend d'une façon simple, et d'interpréter en plusieurs sens les passages obscurs de la Sainte Ecriture s.

Cette préférence bien marquée pour l'interprétation allégorique est une conséquence très naturelle de la répugnance que saint Augustin trouvait à placer la génération sexuelle

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